La culture africaine face à la mondialisation

La mondialisation est un processus inéluctable qui recouvre aujourd’hui beaucoup de réalités, qu’elles soient économiques, sociales, culturelles. Partage des savoirs, échanges interculturels, généralisation d’Internet sur le continent : comment l’Afrique peut-elle réussir à intégrer cette globalisation culturelle sans perdre son âme ?

En effet, cette mondialisation de la culture est souvent présentée comme le cheval de Troie de « l’occidentalisation » de l’Afrique : ce débat a souvent lieu sur le continent. L’on peut ainsi légitimement se demander si cette inévitable mondialisation ne va pas entraîner à terme la destruction ou l’affaiblissement des cultures africaines. De nombreux exemples semblent affluer dans ce sens : je pense en particulier aux nombreux panneaux publicitaires pour de grandes marques occidentales qui fleurissent un peu partout dans les capitales africaines. Ils viennent dicter les nouveaux usages en matière de culture, d’habillement, et même de nourriture, entraînant les jeunes Africains à rêver à un eldorado étranger et à succomber à des diktats parfois inaccessibles financièrement. Ce phénomène est renforcé par Internet : si le réseau est doté de la capacité de mettre en avant certains cultures minoritaires (qui trouvent là un terrain pour s’exprimer de façon plus large), il n’en reste pas moins qu’il entraîne aussi une uniformisation des savoirs. Ceci pour une raison très simple : l’information disponible sur Internet est pour l’instant largement dominée par des contenus occidentaux.

C’est là tout le paradoxe d’Internet : s’il permet l’accès de tous à l’information, il renforce en même temps l’inégalité et l’exclusion ; s’il constitue sur le plan culturel une ouverture au monde, il homogénéise la façon de penser, les savoirs locaux, et la transmission. A mon sens, tout le risque (mais aussi toute la richesse !) de la mondialisation culturelle passera par Internet. C’est le premier levier sur lequel nous devons agir aujourd’hui.

En effet, il faut nous approprier Internet et faire en sorte que l’Afrique ne soit pas un simple spectateur passif. Faisons d’Internet un outil de développement du patrimoine culturel africain ! C’est en effet lui qui façonne l’imaginaire des générations présentes et futures, et cela n’est pas prêt de s’arrêter. Je le crois, les nouvelles technologies peuvent procurer aux jeunes Africains des manières d’accéder et de mieux comprendre leur environnement social et culturel. Internet est une chance s’il est raisonné !

L’Afrique doit donc s’intégrer dans le processus de mondialisation, non pas en le subissant, mais en imposant ses propres règles. C’est une des missions du NEPAD : permettre au continent de participer activement aux transformations de l’économie mondiale. En effet, une Afrique réellement intégrée dans le processus de mondialisation ne sera pas sans effet sur les relations internationales. Une Afrique intégrée dans ce processus ne laissera pas non plus la mondialisation avaler ses cultures. Au contraire : elle les proposera au monde et leur donnera l’occasion de les connaître. Voilà à mon sens comment il faut aujourd’hui voir la mondialisation culturelle : c’est une chance plus qu’un risque. A nous simplement de faire en sorte d’en relever le défi.

 

La sécurité maritime en Afrique : un moteur économique !

En octobre dernier, le Sommet extraordinaire de l’Union africaine sur la sécurité maritime s’est tenu à Lomé, en présence de 52 pays du continent. A cette occasion, l’Union africaine a adopté une charte sur la sécurité maritime, une première dans le monde ! Cette charte est en effet extrêmement visionnaire : il s’agit de rassembler différents pays africains autour d’engagements pour la lutte contre la piraterie, la pêche illégale, ou encore pour la promotion de « l’économie bleue ».

La sécurité maritime est un sujet dont le grand public parle peu, et qui est pourtant d’une importance capitale pour notre continent. Il est en effet crucial de préserver l’espace maritime, favoriser le développement durable, la bonne gestion et protection des pêches, ainsi que de lutter contre l’insécurité en mer. Il en va de la création de conditions stables pour encourager l’investissement et le tourisme, mais aussi d’une croissance économique durable pour notre continent, de la sécurité alimentaire, de l’emploi, de la lutte contre le terrorisme et de la stabilité politique des pays. En effet, les actes de piraterie, de terrorisme ou de contrebande coûtent extrêmement chers à l’Afrique et freinent considérablement les échanges économiques. Ainsi, la perte commerciale subie dans le Golfe d’Aden (baie située entre la corne de l’Afrique et la péninsule arabique) est évaluée à 25 milliards de dollars, du fait des pirates, des trafiquants, et des pêcheurs clandestins. Egalement, au premier semestre 2016, il est terrible de noter que les actes de piraterie maritime dans les eaux africaines ont représenté plus du tiers des attaques pirates perpétrées dans le monde. En effet, selon le Bureau maritime international (BMI), sur 98 actes de piraterie survenus dans le monde, 34 ont eu lieu au large des côtes du continent.

Cependant, l’Afrique dispose de 13 millions de kilomètres carrées de zones économiques maritimes et de 17% des ressources mondiales en eau douce. De quoi introduire une nouvelle donne dans le transport, les ports, la pêche industrielle, secteurs pour l’instant largement dominés par des intérêts internationaux. L’économie maritime est donc une source inépuisable de croissance pour les pays et leur population. C’est un secteur qui peut créer de nombreux emplois, ce qui rend crucial la sécurisation des échanges. Egalement, il ne faut pas oublier que sécurité maritime rime avec sécurité des territoires (l’on pense aux pays africains aux prises avec le terrorisme religieux, notamment celui de Boko Haram, des Shebbab en Somalie, et de djihadistes disséminés dans différents groupes dans le Sahel), mais aussi avec stabilité économique. Or l’Afrique reste encore très exposée, du fait d’un manque de compétences et de moyens pour sécuriser son littoral qu’il est nécessaire de pallier.

C’est la raison d’être de cette charte de Lomé : le Sommet a été un grand pas, mais beaucoup de travail reste à faire. Il ne suffit pas de signer des résolutions et de rentrer chez soi avec une conscience apaisée. Je le crois, ce Sommet a servi à éveiller les consciences en insistant sur les conséquences économiques, sécuritaires, écologiques d’un manque de protection des territoires maritimes. Gageons que ce ne sera pas le dernier, et qu’il sera suivi d’actions marquantes permettant à l’Afrique de prendre son propre destin maritime en main.

La corruption, mère de tous les maux de l’Afrique ?

L’organisation Transparency International vient de publier l’édition 2016 de son rapport sur la corruption dans le monde. Cette année, le classement des 176 pays met en exergue la relation entre la corruption et les inégalités, cercle vicieux par excellence. Or la répartition inégale de la richesse provoque de nombreux effets dévastateurs. C’est pourquoi il faut s’inquiéter de ce que bon nombre de pays africains se retrouvent en queue de ce classement. Ainsi, la Somalie et le Soudan du Sud occupent respectivement la 175e et la 176e place. Parmi les « bons élèves » du continent, le Botswana se classe premier pays le moins corrompu, suivi du Cap Vert (38e), de Maurice (50e), qui est à égalité avec le Rwanda tandis que la Namibie (53e) ferme la marche du Top 5.

On le voit, la route est longue. La plupart des pays ont encore des efforts à faire pour endiguer le phénomène. C’est à mon sens l’un des défis majeurs qui se pose aux pays africains, d’autant plus que la corruption est présente à tous les niveaux de la société.

En effet, quand on parle de corruption, on pense tout de suite à l’octroi de marchés publics abusifs ou à la corruption au niveau des plus hautes autorités. Ce sont des pratiques extrêmement nuisibles et déplorables pour le développement de notre continent, mais il y a un autre type de corruption, plus sournois et moins facilement identifiable selon moi.

Il s’agit en effet de « la corruption discrète » : celle-ci, difficile à observer et à quantifier, englobe plusieurs types de fautes professionnelles de différents représentants de l’État, qu’ils soient médecins, policiers, inspecteurs des impôts, etc… Il s’agit la plupart du temps de contournement délibéré des règlementations à des fins personnelles : cette corruption-là, même si elle est d’une ampleur financière moindre, a de sérieuses répercussions sur les populations africaines. Elle entraîne en effet une défiance vis-à-vis des institutions, et marginalise les populations pauvres qui sont particulièrement vulnérables et dépendantes des services publics pour satisfaire leurs besoins les plus élémentaires.

Ainsi, selon Transparency International, 24% des Africains ayant eu un contact avec les forces de l’ordre au cours de l’année déclarent avoir dû verser un pot-de-vin. Également, cette infographie très intéressante publiée dans Jeune Afrique indique par exemple qu’au Zimbabwe, un accouchement est facturé 50$ et chaque cri de la mère coûte 5$. Si elle n’a pas de quoi payer, elle doit rester à l’hôpital sans pouvoir sortir, et des intérêts s’ajoutent chaque jour. Ce type de situation absolument inacceptable doit nous amener à nous interroger : comment faire pour lutter contre ce fléau de façon efficace, afin de pouvoir mener notre continent vers un développement sain et à long terme ?

Selon moi, il est indispensable que ce soit l’État qui apporte des réponses, en particulier au sein des partis politiques, des services de police et de l’appareil judiciaire. Cela doit passer par un cadre institutionnel fort de lutte contre la corruption, des lois bien construites et adaptées au contexte local. Également, il est indispensable de parvenir à ce que les institutions disposent des moyens nécessaires pour mener à bien leurs missions, dans des délais convenables pour les populations. Enfin, faisons en sorte que les fonctionnaires soient rémunérés correctement afin qu’ils n’aient plus la tentation de céder à la tentation du pot-de-vin pour un oui ou pour un non. Il faut aussi veiller à ce que les demandes des citoyens, des médias, soient bien traitées et obéissent à une logique d’efficacité.

Cela est aujourd’hui d’une nécessité absolue. Je le crois et je l’affirme, c’est indissociable d’une bonne gouvernance, qui doit être le leitmotiv de tous les gouvernements africains. Chacun doit effectuer cela dans le respect de ses spécificités culturelles, afin de renforcer son efficacité dans la lutte contre la corruption. Il n’y a pas de recette miracle : il s’agit d’un courage politique à adopter afin de pouvoir mener à bien toutes les réformes dans l’intérêt supérieur des populations.

J’entends souvent que corruption et Afrique sont deux termes indissociables. Je n’ai pas cette vision. Les démocraties africaines sont en marche et nécessitent des outils et des cadres juridiques institutionnels adaptés à leur contexte. C’est notre mission : aidons-les à mettre en marche le développement du continent.

Le football, vecteur de développement pour l’Afrique !

« Le sport a le pouvoir de changer le monde. Il a le pouvoir d’unir les gens d’une manière quasi-unique. Le sport peut créer de l’espoir là où il n’y avait que du désespoir.»

Aujourd’hui, en cette veille de Coupe d’Afrique des Nations 2017, permettez-moi de reprendre à mon compte cette phrase de Nelson Mandela. Il serait en effet non seulement dommage mais aussi inapproprié de voir en la CAN un simple événement distrayant ou un moyen de divertissement : c’est bien plus que cela, et en Afrique, cela revêt une toute autre importance.

A l’instar de Nelson Mandela, je crois que le sport dispose de cette capacité de fédérer au-delà des régions et des provinces, en transcendant les considérations ethniques et religieuses. Et sur un continent qui compte plus de mille ethnies, dont les patrimoines culturels et historiques, les langues, les valeurs et les représentations religieuses différent profondément, cela est loin d’être négligeable !

En effet, quoi de mieux (n’en déplaise à certains !) que le football pour unir et porter la voix d’un peuple derrière son équipe ? Pensons par exemple à l’attachement des Camerounais aux Lions Indomptables. Dans ce pays où l’unité nationale est parfois difficile à atteindre, le football réconcilie, le temps d’une compétition, quelques 250 ethnies avec autant de dialectes !

Ainsi, par ses effets positifs sur le plan socio-politique et comme vecteur d’intégration sociale, le sport peut fortement contribuer à la réalisation de divers objectifs de développement, tels que l’amélioration de la santé, la prévention de la violence, l’égalité entre les sexes, la bonne gouvernance et la sensibilité environnementale. Cela est crucial pour la construction de l’Afrique de demain ! En effet, grâce au football, sport populaire par excellence, nous pouvons parvenir à atteindre les jeunes et à mobiliser leur enthousiasme.

C’est la raison pour laquelle il serait dommage de ne pas utiliser le sport comme un atout dans la poursuite d’objectifs de développement pour le continent ! Ouvrons des terrains de sport, construisons des offres de pédagogie sportive, surtout dans les endroits reculés où les enfants en ont le plus besoin. Formons des professeurs ! Car pour remporter des succès durables et inclusifs dans la réalisation de projets de développement, il faut des stratégies viables et des compétences adéquates. Ainsi, intégré à une politique active de promotion de l’éducation et de la jeunesse, le sport peut ouvrir aux bénéficiaires de nouvelles chances et perspectives d’avenir.

A tous les niveaux, nous devons donc continuer à travailler pour faire en sorte que le sport en général, et le football en particulier, reste un puissant vecteur de communion, de cohésion sociale, de coexistence pacifique ainsi qu’un précieux outil de diplomatie préventive. C’est le rôle des gouvernements mais aussi de toutes les institutions panafricaines, qui ne doivent en aucun cas relayer cela au rang de « superflu » !

Dans les prochaines semaines, notre continent, au travers du football, sera sous les feux des projecteurs du monde entier. C’est l’occasion de montrer que la tolérance, la solidarité et l’esprit d’équipe sont des valeurs africaines, au delà des différences. Je souhaite à tous les Africains de profiter des moments de joie qu’offre cette grande fête du football. A vous tous : une merveilleuse CAN 2017 !

La jeunesse africaine doit être au coeur de toutes nos stratégies !

L’Afrique a la population la plus jeune de la planète. Sa population croît plus vite que celle de n’importe quelle autre région du monde, et peu à peu le continent dessine un profil démographique unique. Alors que la proportion des plus de 60 ans se limite à 5,5%, le continent bénéficie d’une opportunité formidable pour assurer son développement. Cela pose néanmoins de nombreuses questions : comment faire pour que cette jeunesse soit au centre de toutes nos stratégies ? Quel espoir pour la jeunesse africaine ?

Tout d’abord, on ne gouverne pas des sociétés avec un âge moyen de 19 ans comme les autres ! Il faut parvenir à faire en sorte que cette jeunesse du continent ait confiance en l’avenir, mais aussi que la diaspora africaine ait envie de revenir pour participer au développement du continent. Pour l’instant, si nous voyons bien qu’il existe un vrai phénomène de retour de la diaspora (et qu’il est largement encouragé par de nombreux gouvernements du continent), il reste encore marginal. Et il y a tant à faire pour la jeunesse qui vit dans nos pays ! En cet avant dernier jour de 2017, je tenais à vous faire part des perspectives que je crois importante pour la jeunesse pour cette année à venir.

En premier lieu, il est nécessaire de lutter contre le chômage des jeunes, qui est une réelle bombe à retardement pour l’Afrique. Non seulement c’est une réalité inacceptable pour un continent qui possède autant de talents créatifs et de forces vives, mais c’est en plus extrêmement dangereux. Il n’y a pas de solutions miracles : il faut renforcer l’éducation des jeunes, la poursuite d’études secondaires, et surtout faire en sorte que ces études les préparent réellement au marché du travail. Combien de jeunes gens pleins de bonne volonté font le tour des bureaux de Lagos, Nairobi, Johannesburg, à la recherche d’un emploi, et se font claquer la porte au nez à cause de leur manque d’expérience ou de qualifications cohérentes ?

Par ailleurs, il faut pousser les investissements dans l’agriculture, le tourisme, le bâtiment et plus globalement dans tous les projets qui emploient des jeunes. Par exemple, les programmes de travaux publics donnent aux jeunes travailleurs manquant de qualifications ou d’expérience l’occasion d’en acquérir. Il est également important d’inciter les entreprises à embaucher des jeunes diplômés qui n’ont pas toujours les qualifications requises (du fait de formations souvent peu adaptées). Soutenons les entreprises qui embauchent ces jeunes gens, et aidons-les à les former en leur proposant des programmes adaptés !

Il faut aussi permettre à ces jeunes d’entreprendre : les jeunes ne sont pas automatiquement des chercheurs d’emplois ! Ils peuvent aussi en créer. Pour cela il est important de favoriser la création d’entreprises, et aider au développement de secteurs encore méconnus: je pense en particulier aux industries de services.

Une chose est sûre, et j’accompagne cela de mes vœux pour 2017 : la jeunesse africaine est merveilleusement créative et dynamique. Elle n’aspire pas à l’assistanat et a besoin de faire confiance à son continent. Si nous joignons nos forces et que nous leur faisons confiance, nous construirons un avenir porteur d’espoir pour les générations de demain !

Eduquons nos filles pour notre développement !

Aujourd’hui, en Afrique Subsaharienne, 30 millions d’enfants en âge scolaire ne vont pas à l’école. Parmi eux, on trouve 17 millions de filles. Comment expliquer ces chiffres effrayants ?

Premier facteur évident : la pauvreté. Si à cela se rajoute le fait de vivre en zone rurale, d’appartenir à une minorité ethnique, ou encore de se trouver dans une zone de conflits, les chances d’aller à l’école se réduisent encore davantage. D’autres problèmes d’une extrême gravité nécessitent d’être aujourd’hui adressés : le fait que certaines de ces jeunes filles soient mariées très jeune, ce qui les empêche de poursuivre leur cycle secondaire, ou encore les grossesses en milieu scolaire, qui représentent un problème majeur en Afrique francophone. Cette région a, au regard des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), enregistré les plus faibles progrès sur le plan de la santé maternelle. Ces grossesses précoces sont ainsi non seulement dangereuses pour leur santé, mais accroissent en sus le risque de rupture de scolarité et donc, à terme, de développement des pays.

Pourtant aujourd’hui, il n’est pas difficile de prédire ce que l’avenir réserve aux jeunes filles qui n’iront jamais à l’école : elles viendront tristement s’additionner aux 77 millions de jeunes femmes analphabètes dans le monde, qui sont de facto incapables de déchiffrer une ordonnance médicale ou d’aider leurs enfants à faire leurs devoirs. Mais il ne suffit pas de constater : maintenant, il est indispensable d’agir ! Ce n’est pas un simple problème social : si on laisse pour compte ces milliers de jeunes filles, c’est notre développement que nous abandonnons. Il est indispensable que les décideurs en aient conscience : l’éducation des filles a un effet extrêmement productif. Les femmes éduquées sont généralement en meilleure santé, disposent d’un revenu plus conséquent, et font moins d’enfants. Par ailleurs, elles sont en mesure d’offrir de meilleurs soins et une éducation à leurs enfants, et sortir ainsi leur foyer de la pauvreté.

J’exhorte les gouvernements africains à prendre le problème à bras le corps : il en va du développement de notre continent, et nous ne pouvons et pas laisser cela qu’aux ONG ! L’effort doit être collectif. Il faut agir d’ores et déjà à la racine du problème : d’abord renforcer les systèmes éducatifs et faire en sorte de transformer en évidence l’importance d’aller à l’école, y compris pour les filles. A ce niveau là, on note de nombreux progrès depuis quelques années : je pense en particulier à la politique d’enseignement secondaire universel gratuit en Ouganda, mis en place en 2007, ou encore au système de subventions forfaitaires au Ghana.

En second lieu, il est indispensable de créer des postes d’enseignants, afin qu’il n’y ait plus 50 étudiants pour un seul professeur, comme c’est si souvent le cas ! L’Afrique subsaharienne a besoin de créer 2,3 millions de nouveaux postes d’enseignants et de pourvoir aux 3,9 millions de postes vacances pour réaliser l’enseignement primaire universel. C’est un chantier énorme mais indispensable : non seulement faut-il recruter des enseignants, mais il faut les former en amont pour améliorer leur enseignement. C’est une vraie clé pour une éducation de qualité. Je crois également beaucoup au rôle d’une enseignante pour les jeunes filles : c’est un modèle, qui peut les encourager à poursuivre leurs études. Aidons donc ces enseignants, et ces élèves, en améliorant les conditions des écoles ! Souvent les salles de classe sont dans un état déplorable, et cela a un clair impact sur l’apprentissage. Une école primaire sur trois sur le continent ne dispose pas de toilettes, encore moins des toilettes réservées aux filles. Ce sont des choses que nous pouvons changer.

Aujourd’hui, je crois à l’engagement de la communauté internationale pour adresser ce problème global : l’agenda mondial pour l’éducation (Éducation 2030) fait partie des 17 Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies qui composent le programme de développement durable pour 2030. Cependant, la réussite de cet objectif ne peut en aucun cas intervenir sans l’engagement des gouvernants africains : il faut augmenter les dépenses dans le secteur de l’éducation, afin de pouvoir développer les systèmes éducatifs. Comme pour le secteur de la santé, c’est une dépense qui doit être prioritaire. Il en va de notre population. Il en va de notre développement.

Pour plus d’informations sur ce sujet, je vous invite à regarder le site du Partenariat Mondial pour l’Education, qui vise à améliorer l’apprentissage et l’équité pour tous à l’horizon 2020, grâce à des systèmes éducatifs renforcés. Nous devons soutenir ce type d’initiatives.

Migrants africains : les solutions sont entre nos mains !

Aujourd’hui, selon l’Organisation internationale pour la Migration, l’OIM, près de 160 000 Africains ont traversé la Méditerranée cette année et 4 220 d’entre eux ont perdu la vie durant cette traversée.

Comment accepter que de jeunes Africains, hommes et femmes, risquent jusqu’à leur vie pour entreprendre un long et dangereux voyage à la recherche d’une vie meilleure dans le Nord ? Certains y perdent la vie, d’autres atteignent leur objectif mais sont ensuite renvoyés dans leur pays, d’autres encore font les frais d’un brusque retour à la réalité, la vie dans les pays initialement rêvés n’étant pas celle espérée.

Il est également dramatique que ces personnes soient à la merci de passeurs escrocs. Ces situations révoltantes doivent nous alerter : il est crucial d’agir. Au-delà d’une nécessaire mobilisation pour démanteler ensemble les réseaux d’immigration illégale, derrière lesquels se dissimulent des pratiques inhumaines, il est nécessaire d’entreprendre des actions à la source.

Quel constat pouvons-nous faire aujourd’hui ? Jamais les régions de la planète n’ont été aussi liées les unes aux autres. L’information, les matières premières et l’argent franchissent toujours plus rapidement les frontières, donnant ainsi l’illusion à ces jeunes Africains d’un avenir meilleur et de plaines plus vertes ailleurs.

Ce désir migratoire est accéléré par la forte poussée démographique que connaissent les pays d’Afrique Subsaharienne : la population estimée en 2008 à 850 millions d’habitants passera à 1,1 milliard en 2025 et à 1,7 milliard en 2050. Si elle est bien contrôlée et anticipée, cette explosion démographique peut contribuer à la croissance économique. La condition sine qua none est que des investissements soient faits dans le capital humain (je pense en particulier à l’éducation des filles et au secteur de la santé) et dans l’emploi des jeunes. Dans certains pays en effet, les emplois manquent et les salaires sont trop bas, ce qui pousse des habitants à tenter leur chance ailleurs. C’est la création d’emplois qui sera un facteur de paix, de sécurité et d’unité en Afrique, j’en suis convaincu ! Si nos concitoyens bénéficient de conditions de vie et de travail décentes dans leurs propres pays, ils seront beaucoup moins nombreux à fuir et à s’entasser dans des bateaux dans des conditions épouvantables.

Par ailleurs, il faut mettre en place des politiques de lutte contre l’insécurité efficaces. C’est la raison d’être des réformes du secteur de la sécurité (RSS) dont j’ai parlé ici et qu’il faut indispensablement poursuivre et renforcer : la lutte contre le terrorisme est par exemple cruciale, quand on sait qu’il pousse des milliers de gens à fuir leur pays, comme cela peut être le cas au Nigeria.

Il est en effet urgent d’agir sur les causes politiques, sociales et économiques qui poussent les personnes à émigrer dans des conditions détestables. Cela doit être fait au niveau des Etats africains mais également au niveau régional : les Etats doivent s’allier pour trouver des solutions ensemble.

Aujourd’hui, chaque gouvernement africain doit s’engager dans une dynamique de lutte contre la pauvreté et les inégalités en restructurant la sphère publique et la planification de stratégies économiques à long terme. Des institutions telles que le NEPAD peuvent les y aider. C’est la seule façon de faire émerger une Afrique inclusive où tout le monde compte, où les citoyens se sentent reconnus et responsabilisés, ce qui sera facteur de paix, de sécurité et d’unité.

Les médicaments en Afrique : une urgence sanitaire !

Chaque année dans le monde, 800 000 personnes meurent d’avoir pris un médicament falsifié. Selon l’OMS, 30 à 70% des médicaments distribués en Afrique sont contrefaits, générant ainsi des menaces terribles pour la santé des populations les plus fragiles. Nous faisons face ici à de véritables criminels qui se livrent à des trafics mortifères ultra rentables, et ce d’autant plus qu’ils bénéficient d’une quasi-impunité face à l’inexistence, l’obsolescence ou l’insuffisance des cadres juridiques de notre continent.

Ces faux médicaments sont à la portée de tous. On les trouve sur nos marchés, dans les rues avec des petits vendeurs à la sauvette, mais aussi, et de plus en plus, sur Internet. Les conséquences sont redoutables : sous-dosés, surdosés ou accompagnés d’excipients toxiques, ces bombes à retardement sont aussi à l’origine de la flambée de résistance aux antipaludiques, aux antibiotiques et aux antirétroviraux. Egalement, ils entraînent une réelle défiance de la part de la population vis-à-vis des professionnels de la santé, des fabricants de produits pharmaceutiques, des distributeurs et des systèmes de santé.

Mais ce qui est encore plus terrible est que ces faux médicaments restent extrêmement tentants aux yeux d’une population fragile manquant de moyens pour se soigner. J’en parle dans l’article « Santé en Afrique : il est urgent d’agir ! » : aujourd’hui, il n’y a pas de couverture sanitaire dans des pays où le taux de pauvreté est considérable. D’autre part, de nombreux pays africains font face au défi d’assurer une disponibilité en médicaments sûrs, de bonne qualité et à prix raisonnable. Actuellement, la plupart des autorités nationales de réglementation des médicaments (ANRM) disposent d’une capacité limitée à approuver les médicaments en temps opportun et à veiller à des normes acceptables de qualité, d’innocuité et d’efficacité à cause du manque de cadres juridiques dans le domaine. Cela provoque des retards et un manque de transparence dans les processus d’examen, limitant ainsi la disponibilité des médicaments. Ces derniers deviennent alors très chers et hors de portée pour la majorité des Africains.

Cela est impensable et inacceptable ! C’est la raison pour laquelle l’OMS aide les pays de la Région à renforcer leurs systèmes de réglementation à travers plusieurs initiatives de collaboration, dont l’Initiative d’harmonisation de la réglementation des médicaments en Afrique (HRMA). Les objectifs de cette dernière sont doubles. La HRMA établit et améliore les normes et les exigences liées à la réglementation et à l’accès à des médicaments sûrs et de haute qualité pour la population africaine. Mais elle a également une mission d’une grande importance : la création d’une Agence africaine des médicaments.

Cette agence, dont nous espérons qu’elle verra le jour fin 2018, peut créer une véritable révolution : en effet, elle sera la seule structure de régulation des produits médicaux circulant sur le marché africain. Ses attributs seront très complets : elle servira de catalyseur pour une meilleure surveillance réglementaire afin de limiter les produits contrefaits et permettra la compétitivité des médicaments produits localement, notamment ceux destinés aux maladies qui affectent de manière disproportionnée l’Afrique. Le but est donc que la réglementation soit harmonisée… ce qui ne dispense pas pour autant d’initiatives au niveau local et régional ! Il est en effet indispensable que les pays réalisent régulièrement la surveillance de tous les produits médicaux qui circulent sur le marché. Or cela passe trop souvent à la trappe, les gouvernements ne sachant bien souvent par où commencer.

A mon sens, au delà des sanctions pénales qu’il faut renforcer pour les criminels, il est urgent que les pays se saisissent de ce problème de fond : lors de la réunion annuelle des ministres de la Santé de la Région africaine de l’OMS en août dernier à Addis-Abeba, le Dr Matsihido Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique, a apporté plusieurs recommandations: que les pays aient accès aux laboratoires de contrôle de qualité certifiés et s’engagent dans des évaluations conjointes des demandes d’essai clinique. Egalement, elle a insisté sur la nécessité d’aider les pays à mettre en place des organes directeurs et des systèmes de gestion de la qualité pour les Autorités nationales de réglementation pharmaceutique d’ici à 2025. Enfin, d’ici à cette même échéance, le délai de traitement des demandes d’essais cliniques ou d’autorisation de mise sur le marché des produits médicaux devra prendre six mois au maximum. Ses recommandations sont précieuses et vont dans le sens des exigences nécessaires au développement des conditions sanitaires en Afrique. Il est urgent d’agir : l’Afrique est la principale victime du trafic de faux médicaments…Gouvernements, institutions, partenaires : unissons nos forces !

L’avenir de la jeunesse africaine passe par l’agriculture

Cette semaine, le NEPAD et la FAO ont uni leurs forces en vue d’améliorer les opportunités commerciales et d’emplois des jeunes en milieu rural au Bénin, au Cameroun, au Malawi et au Niger, ce grâce à un don de 4 millions de dollars octroyé par le Fonds fiduciaire de solidarité africain. Remettons si vous le voulez bien cet engagement dans le contexte de l’explosion démographique en Afrique et sur la question, cruciale pour tous, de l’avenir des jeunes Africains.

Lisez bien ce chiffre : en 2050, le continent africain comptera 2,4 milliards d’habitants. La moitié d’entre eux aura moins de 24 ans. Aujourd’hui déjà, 30% des Africains font partie de cette classe d’âge. Ils représentent plus de 330 millions d’individus et font de l’Afrique le plus jeune continent au monde.

Ces deux tendances sont autant porteuses d’opportunités que de défis. Il nous incombe de transformer ce qui pourrait être une occasion manquée par les nations africaines en une opportunité pour le monde entier.

En dépit de la croissance moyenne réalisée par les pays africains, la jeunesse du continent doit composer avec des tendances fortement défavorables : faibles niveaux de scolarité, peu de perspectives d’emploi et, dans certaines régions, accroissement des inégalités et de la pauvreté. C’est bien simple, alors que les jeunes représentent un tiers de la population active totale, ils constituent 60% des chômeurs du continent.

Difficile de nier l’évidence de la nécessité de garantir un emploi stable et bien rémunéré à ces jeunes, notamment les moins instruits. C’est le seul moyen de garantir à notre continent, qui reste fragile, la paix et la stabilité dont il a besoin pour continuer de se développer. Inciter cette jeunesse à contribuer au développement économique africain concourra à dissiper le « rêve occidental » pour lequel de nombreux jeunes sont prêts à risquer leur vie.

Pour donner leur chance aux jeunes, notre travail à tous doit d’abord porter sur la qualité et la disponibilité des formations académiques. Nous devons également accorder une attention particulière à l’accès généralisé aux nouvelles technologies ainsi qu’au financement des entreprises individuelles et des PME. C’est tout particulièrement vrai et prioritaire dans les villes africaines, qui abriteront bientôt la moitié de la population du continent.

Cependant, l’agriculture constitue l’unique secteur en Afrique capable d’absorber au moins une partie des millions de jeunes qui affluent sur le marché de l’emploi. Les solutions concrètes pour la jeunesse africaine sont dans l’agriculture. C’est une intime conviction.

Prenons l’exemple du Mali : chaque année, plus de 300 000 jeunes âgés de 18 à 24 ans entrent sur le marché de l’emploi. La majorité de ces jeunes vivent en zones rurales et migrent vers les villes en quête d’une situation meilleure.

Mais comment leur assurer un emploi dans les villes ? Le secteur public, notamment en raison des contraintes macro-économiques, ne peut les embaucher. Le secteur privé, industriel ou tertiaire, encore en phase d’émergence, n’offre que trop peu de places. L’agriculture devient la clé dans ces zones où les principales activités économiques sont agricoles. Le soutien des petits exploitants agricoles et de l’agro-industrie est fondamental.

La filière agricole constitue l’unique secteur en Afrique capable d’absorber, au moins en partie, ces millions de jeunes qui affluent — et afflueront — tous les ans sur le marché du travail. Mais, à l’heure où forcer le progrès et la modernisation de l’agriculture africaine devient une nécessité, l’aide consacrée au secteur agricole est passée de 18% à 4% au cours des vingt dernières années.

La priorité aujourd’hui consiste à rendre attractif le secteur agricole et à procéder à un changement de paradigme dans la manière d’aborder les politiques de transformation rurale. Ces dernières doivent permettre de résorber la fuite des jeunes des zones marginalisées. Le monde rural doit rester pourvoyeur d’emplois et absorber cette main d’œuvre qui ne doit pas venir saturer les villes.

Pour mener cette révolution, il est impératif de mettre à disposition du monde rural africain les infrastructures adéquates en termes de transports, d’énergies, d’aménagement hydro-agricoles et de transformation de produits de la terre…

C’est en menant des politiques agricoles volontaristes qui forment la jeunesse, encouragent la production de produits de base et donnent des armes pour entreprendre que l’Afrique, et le monde, pourront tirer profit de l’explosion démographique qui attend inévitablement le continent. Durant les années 80 et 90, les États africains ont été dépossédés de leurs capacités d’action par les Plans d’ajustement structurels. Depuis une dizaine d’années, ils prennent conscience que la définition de politiques agricoles aux niveaux national et régional est absolument clé. C’est désormais là que doit porter l’effort des partenaires au développement du continent.
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Santé en Afrique : il est urgent d’agir !

Etre en bonne santé est un besoin universel. C’est la raison pour laquelle, en septembre 2015, les 193 Etats membres de l’ONU ont convenu d’atteindre 17 objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030. Si presque tous disposent d’une composante sanitaire, c’est l’’objectif n°3 qui est spécifiquement consacré à la santé et au bien-être. Il vise à « permettre à tous de vivre en bonne santé et à promouvoir le bien-être de tous à tout âge».

En Afrique plus qu’ailleurs, il est primordial de s’attaquer enfin au problème dans son ensemble : dans certains pays africains, plus de la moitié de la population vit à plus de 10km d’un centre de soins. En 2015, sur le continent, 303 000 femmes sont décédées pendant ou après la grossesse ou l’accouchement. La distance-temps (trajet) est souvent inacceptable, notamment du fait de la mauvaise qualité des routes et des risques que peuvent présenter le voyage, particulièrement en zones de conflit. Par ailleurs, nous sentons que dans nombre de pays il n’y a pas réellement de « programme » santé : l’on ne gère souvent que les urgences sanitaires (épidémies), sans penser à des programmes à plus long terme. La répartition des médecins pose aussi question : en Guinée Conakry, 60% des médecins sont installés dans la capitale où vit seulement 20% de la population guinéenne. Sans compter les problèmes d’infrastructures médicales qui sont légion, tout comme les problèmes de formation des médecins africains.

Dans ce sombre tableau, il est urgent d’agir ! C’était le but initial de la déclaration d’Abuja, signée en avril 2001, où les pays du continent se sont engagés à dépenser 15% de leur budget annuel pour le secteur de la santé. Ils n’ont malheureusement pas tous respecté leurs engagements : la part des dépenses publiques affectées à la santé en Afrique est de 10%. Cela doit changer : aujourd’hui il n’y a pas de couverture sanitaire dans des pays où le taux de pauvreté est considérable. Les Etats doivent prendre leurs responsabilités pour trouver un moyen de financer ce besoin essentiel de leurs populations ! Comment réussir effectivement l’émergence africaine quand le continent détient le triste record du taux de mortalité infantile le plus élevé au monde, avec un enfant sur douze qui meurt avant son douzième anniversaire ? Ce n’est pas négociable !

C’est pourquoi il est absolument nécessaire d’accélérer la formation du personnel de santé : le NEPAD a cela à cœur, au travers de son programme de formation en soins infirmiers et obstétricaux en Afrique. Ce projet de formation mobilise des fonds auprès de partenaires bilatéraux pour soutenir la formation en soins infirmiers et obstétricaux et améliorer la recherche africaine en matière de soins. Egalement, il est indispensable d’équiper les hôpitaux avec du matériel adéquat, et faire en sorte qu’il y ait des structures équipées et au plus près des populations, même dans les zones reculées. En parallèle de cela, nous devons utiliser notre atout majeur : la diaspora africaine ! Cette matière grise est incontournable pour améliorer l’accès aux soins par le biais des nouvelles technologies de l’information (télémédecine / télé-enseignement). Attirons-la pour développer notre continent ! Enfin, je pense réellement que les partenariats public-privé sont à utiliser davantage : bien conduits, ils peuvent permettre d’atteindre plus largement les objectifs de couverture sanitaire pérenne.

Alors oui, l’Afrique progresse et se modernise : les budgets sont en hausse et les progrès sont importants (comme le montre cette infographie), mais il faut passer à la vitesse supérieure. Les gouvernements doivent maintenant prendre leurs responsabilités. Le NEPAD est là pour les y aider. Ensemble, nous agirons pour notre avenir.