Une croissance sans industrialisation ?

Je partage avec vous un très bon article de Dani Rodrik, un économiste que j’apprécie beaucoup.. Ce papier illustre aussi à quel point la réalité va parfois plus vite que les prévisions des économistes. Nous devons donc faire preuve d’agilité et de flexibilité dans notre approche des politiques d’industrialisation.

CAMBRIDGE – Malgré les bas prix mondiaux des matières premières dont elles ont tendance à dépendre, bon nombre des économies les plus pauvres du monde s’en sortent bien. La croissance économique de l’Afrique subsaharienne a ralenti de façon marquée depuis 2015, mais cela reflète des problèmes spécifiques dans trois de ses plus grandes économies (Nigeria, Angola et Afrique du Sud). L’Éthiopie, la Côte d’Ivoire, la Tanzanie, le Sénégal, le Burkina Faso et le Rwanda prévoient d’atteindre une croissance de 6 % ou plus cette année. En Asie, la même tendance se confirme pour l’Inde, le Myanmar, le Bangladesh, le Laos, le Cambodge et le Vietnam.

Tout cela est plutôt réjouissant, mais tout aussi étonnant. Les économies en développement qui parviennent à croître rapidement sur une base durable, sans compter sur les booms des ressources naturelles (comme la plupart de ces pays durant une décennie ou plus), y parviennent en général grâce à une industrialisation orientée vers les exportations. Mais parmi ces pays, rares sont ceux qui connaissent une forte industrialisation. La part du secteur industriel dans les pays de l’Afrique subsaharienne à faibles revenus est globalement stable, voire en baisse dans certains cas. Et en dépit d’un important battage autour de « Make in India », l’une des rengaines du Premier ministre Narendra Modi, le pays fournit peu d’indices d’une industrialisation rapide.

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La malnutrition est une hypothèque sur l’avenir de nos populations

Il y a parfois des nouvelles réjouissantes sur les progrès de notre continent. Récemment par exemple sortait un rapport du Panel Malabo-Montpellier dans le cadre du Forum pour la révolution verte en Afrique (AGRF), qui se réunissait à Abidjan. Ce rapport, intitulé « Alimentation: Comment l’Afrique peut-elle construire un futur sans faim ni malnutrition ? », annonçait que de nombreux pays africains avaient réussi à réduire drastiquement la malnutrition au cours des 15 dernières années. Mais ce que soulignent surtout les experts en sécurité alimentaire impliqués dans cette étude, c’est que ces bons résultats ont été obtenus grâce à une ferme volonté politique dans chacun des Etats concernés.

Les disparités restent importantes en fonction des pays, mais le rapport souligne que la proportion de personnes souffrant de la faim a baissé globalement de 28 à 20% en Afrique entre 1990 et 2015. Toutefois le nombre total de personnes augmente à cause de la croissance démographique qui constitue bien un démultiplicateur des problèmes de nos pays (voire articles précédents). Mais au-delà du nombre de personnes atteinte, c’est aussi une course contre la montre qui se joue dans la lutte contre la malnutrition. Chez l’enfant, les 1000 premiers jours sont déterminants pour sa croissance et chaque jour que nous laissons passer entame l’espoir d’une vie en pleine santé pour un enfant de notre continent.

Selon le rapport, « certains pays ont réalisé des progrès remarquables. Le Sénégal, le Ghana et le Rwanda, ont tous réduit le nombre de personnes souffrant de malnutrition et le nombre d’enfants souffrant de retard de croissance de plus de 50%. L’Angola, le Cameroun, l’Éthiopie et le Togo ont atteint des réductions de plus de 40% ».

Le co-président du Panel, Joachim von Braun, explique que « les gouvernements réussissent à lutter contre la malnutrition quand ils la mettent en priorité dans leur agenda et dans leurs programmes de mise en œuvre interministériels et en étroite collaboration avec les partenaires. L’investissement est nécessaire pour la prévention des crises et l’élaboration des programmes permettant de construire la résilience face aux stress climatique ».

Plusieurs initiatives sont mises en exergue par le rapport du Panel parce qu’elles ont porté leurs fruits dans des pays aussi variés que l’Angola, le Sénégal ou le Ghana. En Angola, une approche multisectorielle pour réduire la malnutrition et une coordination des actions et programmes au niveau du Ministère de l’Agriculture appuyé par le Ministère de la Santé ont largement contribué aux bons résultats de la Stratégie nationale de sécurité alimentaire et nutritionnelle. Au Sénégal, une cellule de lutte contre la malnutrition a été mise en place dès 2001, suivie par le lancement du Programme de renforcement de la nutrition en 2002. Enfin au Ghana, qui a réussi à réduire de moitié le nombre de ses habitants touchés par la faim, les autorités ont décidé d’intégrer la question nutritionnelle à tous les niveaux des politiques gouvernementales. En effet, sans coordination intersectorielle efficace mêlant politique de santé, agricole et éducative, il est vain d’espérer une amélioration des indicateurs de nutrition.

Mais la puissance publique ne peut être la solution à tous nos maux. Une plus grande implication du secteur privé local dans la lutte contre la malnutrition est essentielle. Produire des aliments de qualité accessibles au plus grand nombre, tout en créant de l’emploi au niveau local créé un cercle vertueux pour le développement d’une région ou d’un pays. Aujourd’hui, on assiste déjà à la mise en place de partenariats public-privé qui fournissent des solutions innovantes, notamment en termes de produits adaptés et de financements, se logeant dans des marchés de niche et rentable.

Il convient de rappeler que la malnutrition, ce n’est pas que la faim. En effet le fait de mal manger et de ne pas assez manger a des conséquences durables et profondes sur le développement physique, mais aussi mental des enfants, et ces conséquences seront toujours là quand ces enfants seront devenus des adultes, notamment sur le plan intellectuel. Ensuite, il y a évidemment des conséquences de la malnutrition qui relèvent de la santé publique. Cette question doit donc être prise très au sérieux par les gouvernants.

Un simple exemple. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, l’Afrique est aussi menacée par l’obésité. Les experts rappellent ainsi : « La consommation d’aliments peu coûteux et peu nutritifs, ainsi que la réduction de l’activité physique dans la classe moyenne, augmentent les niveaux d’obésité. La prévalence estimée de l’obésité chez les enfants devrait atteindre les 11% en 2025. »

Enfin le rapport souligne que malgré ces résultats encourageants, il reste beaucoup à faire. « Des défis significatifs doivent encore être relevés. Pour atteindre les objectifs établis dans la Déclaration de Malabo et l’Agenda 2063 de l’Union Africaine, les gouvernements doivent apprendre de leurs réussites passées et redoubler d’efforts pour s’attaquer au triple fléau de la faim, de la malnutrition et de l’obésité sur le continent », estime le co-président du Panel, le Dr Ousmane Badiane.

Le changement climatique représente bien entendu une menace particulièrement importante, mais aussi l’urbanisation qui provoque une forte pression sur les producteurs de produits alimentaires.

Capital humain : l’Afrique a encore beaucoup de progrès à faire

Le World Economic Forum a récemment publié un rapport sur une réalité souvent difficile à mesurer : celle de la valeur économique du capital humain. Dans ce rapport, intitulé « Rapport sur le Capital Humain Mondial – 2017 », l’organisation mesure les connaissances et les savoirs qui permettent aux êtres humains de contribuer à l’économie mondiale tout au long de leur vie. Chacun des 130 pays étudiés dans le monde est classé dans cet index qui montre malheureusement et sans doute possible, que l’Afrique est à la traine.

Comme souvent dans ces classements, les Etats Unis et l’Europe de l’Ouest sont au sommet, avec un taux de plus de 70% de développement de leur capital humain. De leur côté, les pays d’Afrique, comme ceux d’Asie du Sud-Est et du Moyen Orient, sont en dessous des 60%. En moyenne, l’Afrique subsaharienne obtient un score de 52,97%, et cette région se classe bonne dernière, selon le rapport. Pour autant, l’Afrique connait des disparités qui sont autant de sources d’inspiration : ainsi des pays comme le Rwanda (71), le Ghana (72), mais aussi le Cameroun (73) et Maurice (74) dépassent les 60%. Il n’y a donc pas de fatalité. Nous y reviendrons.

Le rapport du World Economic Forum explique qu’il a étudié 26 pays au sud du Sahara parmi lesquels il existe une grande disparité de richesse. Mais « malgré cette diversité régionale relativement élevée dans les niveaux de revenu, l’Afrique subsaharienne présente un certain nombre de modèles similaires dans tous les groupes d’âge et les aspects de son profil de potentiel de capital humain. En particulier, l’Afrique subsaharienne affiche un score élevé dans le sous-indice du déploiement, en raison de la forte participation de tous au marché du travail », précise l’organisation qui ajoute que dans cet index particulier, cinq pays africains sont dans le top 10.

Cependant, avec des scores inférieurs à la moyenne sur les critères de capacité et de savoir-faire, la région dans son ensemble aurait grandement avantage à développer une plus grande part de son capital humain au-delà des professions les moins qualifiées, notent les experts. Ceux-ci s’inquiètent également que les pays les plus dynamiques économiquement et/ou les plus peuplés restent au bas de l’échelle.

Ainsi, le Nigeria et l’Éthiopie sont tout en bas du classement, respectivement aux 114e et 127e rang. Rappelons toutefois pour modérer ce constat que ces deux pays sont aussi les plus peuplés d’Afrique. L’Afrique du Sud, considérée comme l’une des premières économies d’Afrique avec le Nigeria, est classé au 87e rang.

Mais le rapport ne présente pas que des mauvaises nouvelles. Les deux pays les mieux classés dans la région, le Rwanda et le Ghana, doivent leur performance comparativement élevée, respectivement, à des lacunes en matière d’éducation et d’emploi presque complètement éliminées et à l’amélioration considérable du niveau de scolarisation des jeunes générations du pays.

« À l’instar du Kenya (78), les deux pays bénéficient du stock de savoir-faire de la catégorie très importante des travailleurs moyennement qualifiés et d’une qualité des systèmes éducatifs relativement élevée », indique l’étude qui souligne que le niveau de formation continue des salariés permet de maintenir un niveau élevé de potentiels futur, et donc de développement du capital humain dans l’avenir.

« Cependant, ces trois pays ont encore une marge d’amélioration de leurs taux de scolarisation dans l’enseignement secondaire, et doivent s’assurer que ces progrès sont partagés le plus largement possible au sein leurs populations », estime le rapport. Une éducation secondaire de qualité est la clé de voûte de tout le système éducatif car elle corrige les déficiences du primaire et prépare adéquatement au tertiaire.

L’exemple de ces pays démontre s’il en était besoin, qu’il n’y a pas de fatalité, et que l’Afrique peut aussi, lorsqu’elle mène les bonnes politiques, connaître des réussites. Dans la compétition mondiale pour le capital humain, l’Afrique avec sa jeunesse en augmentation, a bien sûr une carte à jouer. Elle doit notamment s’assurer de la formation de ses jeunes dans les métiers qui manquent au continent : ingénieurs, financiers, économistes, miniers, notamment.

Il y a là des bassins d’emplois en développement, mais le manque de personnels qualifiés africains oblige les investisseurs à faire appel à des expatriés dans certains secteurs demandant des qualifications particulières. Là non plus, il n’y a pas de fatalité.

Le tourisme, un secteur au service d’une croissance inclusive en Afrique

L’une des conséquences de la mondialisation est que « La terre est devenue plate » si je devais reprendre l’expression de l’éditorialiste américain Thomas Friedman. De fait, le développement des transports, notamment aériens, et la baisse consécutive des prix, ont permis, entre autres, une forte augmentation des flux touristiques. Ceci sans compter la fenêtre ouverte sur le monde par internet nous donnant envie d’aller découvrir le monde au-delà de notre jardin.

L’Afrique bénéficie elle aussi de l’accroissement des flux touristiques. Ainsi, selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), le continent a accueilli 57,8 millions de touristes en 2016, soit 4,4 millions de plus qu’en 2015. D’après les projections de l’OMT, ce chiffre pourrait même atteindre 134 millions en 2030. À tel point que, dans son rapport 2017 sur le développement économique de l’Afrique[i], la CNUCED attire notre attention sur le poids économique du tourisme sur le continent africain : le tourisme pèse 6,8% dans le PNB africain et représente plus de 21 millions d’emplois (soit environ un emploi sur quatorze). Au total, le tourisme est le deuxième secteur d’activité du continent.

Un des points intéressants que souligne le rapport de la CNUCED est le fait que ce sont les Africains eux-mêmes qui tirent de plus en plus la demande touristique en Afrique. En effet, quatre touristes internationaux sur dix seraient Africains. Le tourisme est un secteur d’autant plus intéressant à étudier qu’il est un miroir des enjeux de notre continent : le poids des Africains dans le tourisme international en Afrique souligne l’émergence d’une classe moyenne africaine, tandis que les obstacles à son développement sont les mêmes que pour l’économie de manière générale : manque d’infrastructures, déficit énergétique, entraves à la circulation des personnes…

L’Afrique ne tire donc malheureusement pas le maximum de ce potentiel. En effet, ces chiffres sont à relativiser dans la mesure où le tourisme pèse environ 10% du PNB ailleurs dans le monde. Si l’on rapporte le nombre total de touristes à la population du continent (environ 1,2 milliard d’habitants), le chiffre de 57,8 millions de touristes est faible. Rappelons qu’un pays comme la France accueille plus de touristes (environ 83 millions) qu’il ne compte d’habitants (environ 66 millions)…

Cependant, tout comme d’autres pans de l’économie africaine, le tourisme en Afrique pourrait bénéficier de la révolution digitale. Une nouvelle génération d’entrepreneurs veulent montrer une autre face de l’Afrique, plus authentique, en proposant aux touristes autres choses que les classiques du tourisme africain. Trois projets (Tastemakers Africa, Hip Africa, Visiter l’Afrique) innovants portés par des entrepreneurs de la diaspora pourraient participer à changer l’image du continent. L’usage des réseaux sociaux est un puissant outil marketing pour ces sites dont une grande partie de la visibilité provient d’Instagram.

Le NEPAD s’est également saisi de ce sujet à travers le Nepad Tourism Action Plan (TAP) sur recommandation de la conférence africaine des ministres du Tourisme. Le TAP servira ainsi de feuille de route pour le tourisme durable pour le continent africain. Ce plan se focalise sur six points essentiels : l’environnement politique et législatif du tourisme ; ses capacités institutionnelles ; le marketing du tourisme ; la R&D ; l’investissement dans les infrastructures et les produits touristiques ; les ressources humaines et le contrôle qualité. Le NEPAD voit dans le tourisme un puissant outil aussi bien d’intégration régionale que de développement socio-économique favorisant la réduction de la pauvreté.

Parce que cette thématique du tourisme me paraît essentielle, je m’exprimerai sur l’amélioration du moteur de la croissance de l’Afrique à travers le tourisme durable lors d’une table ronde que nous organiserons le 21 septembre prochain à l’occasion de la 72e session de l’Assemblée générale des Nations Unies. Car je crois personnellement que le tourisme est une réelle opportunité dans la mesure où il peut être mis au service d’une croissance transformatrice et inclusive, notamment en créant une activité économique au bénéfice de communautés vulnérables et en participant à la préservation de notre environnement.

[i] CNUCED, « le tourisme au service d’une croissance transformatrice et inclusive », Le développement économique en Afrique, rapport 2017

Protéger la faune sauvage est un enjeu de souveraineté

L’Afrique fait souvent la une des médias internationaux pour des faits de braconnage que je déplore et condamne vigoureusement. En 2015, un dentiste du Minnesota avait provoqué un tollé international en abattant le célèbre lion Cecil au Zimbabwe à l’occasion d’une « chasse sportive au grand gibier ». Mais on oublie que le braconnage ne tue pas que des animaux, il tue également nos concitoyens. Il y a quelques semaines, le célèbre défenseur des éléphants sud-africain Wayne Lotter est tombé dans une embuscade à Dar Es Salaam, abattu de sang-froid par deux hommes cagoulés. Wayne Lotter était une icône de l’honorable combat pour la protection de la faune sauvage en Afrique, mais n’oublions pas qu’ils sont chaque jour des milliers engagés pour cette cause, parfois au péril de leur vie.

Le piège serait de croire que ces événements, certes répétitifs, ne restent que des incidents isolés. On pourrait imaginer qu’ils sont le fait de quelques trafiquants épars ou de chasseurs à la mentalité archaïque de cow-boys. Le développement des réserves et le renforcement des lois de protection de la faune sauvage nous ferait presque croire que tout a été fait pour éviter l’extinction de certaines espèces du continent africain.

Le 7 septembre, l’ONG TRAFFIC a publié une étude sur le commerce illégal d’ivoire dans cinq pays d’Afrique centrale[i]. Cette étude est accablante pour deux raisons : non seulement des réseaux criminels de plus en plus puissants sont à l’œuvre, mais ils profitent surtout de la faible gouvernance de certains pays africains. Si les États ont effectivement adopté des législations plus sévères contre le commerce d’ivoire avec un effort accru de mise en œuvre de la loi, les petits détaillants et sculpteurs en sont les victimes principales. Or, ces initiatives restent insuffisantes dans un contexte où des réseaux criminels souterrains transnationaux accaparent de plus en plus le trafic de l’ivoire.

Un des facteurs expliquant notamment la quasi-disparition des marchés locaux où se vendait l’ivoire pour la clandestinité est la nouvelle mainmise de trafiquants asiatiques, essentiellement chinois, présents de bout en bout de la chaîne de ce commerce de l’ombre. L’Asie est en effet la source centrale de la demande en ivoire, mais l’offre se situe essentiellement en Afrique. Face à ces réseaux transnationaux du crime, les États doivent déployer tous les moyens pour empêcher le braconnage et arrêter ces criminels. Malheureusement, un membre de l’ONG, Sone Nkoke, explique que les trafiquants profitent « régulièrement de la faiblesse de la gouvernance de l’État ainsi que de la collusion, la confusion et la corruption des autorité ». Sans la complaisance et la corruption de personnes haut placées, il est en effet difficile d’imaginer que de tels trafics puissent avoir lieu.

La problématique du commerce illégal de l’ivoire est un exemple parfait pour illustrer la complexité d’agir dans un monde globalisé. À l’échelon local, les États doivent effectivement renforcer leur gouvernance et l’application de la loi, sensibiliser et impliquer les communautés locales à ces enjeux qui sont des catastrophes écologiques et humaines. Mais le crime transnational nécessite, comme son nom l’indique, une réponse globale. Coopérer avec les pays asiatiques pour démanteler ces réseaux de trafiquants et les inciter à prohiber le commerce de l’ivoire est fondamental pour espérer sauver les éléphants d’Afrique. Assurément, l’engagement de Pékin de fermer son marché domestique de l’ivoire d’ici à la fin de l’année va dans le bon sens.

Protéger les éléphants d’Afrique de l’extinction est donc plus qu’un enjeu écologique. C’est également un drame humain qui se déroule sous nos yeux. Les braconniers et les criminels n’hésitent pas à assassiner nos concitoyens par avidité de « l’or blanc ». Mais c’est aussi un enjeu de souveraineté politique : tant que ces trafiquants séviront en Afrique, ils seront le reflet de notre échec à faire appliquer et respecter la loi. Un État qui n’est pas capable de protéger sa faune sauvage, est-il capable de protéger ses concitoyens ? Assurément, c’est une question que tous nos gouvernements doivent se poser aujourd’hui.

 

 

[i] TRAFFIC Report, « Ivory markets in Central Africa », September 2017

Face à la démographie galopante, quelles politiques publiques ?

Je poursuis ma réflexion sur la transition démographique qu’est en train de vivre notre continent. Nous avons posé le problème dans ses grandes tendances dans notre dernier billet, mais il convient aussi je crois de voir comment nous pouvons agir face à ce phénomène.

L’un des leviers sur lesquels il est possible d’agir pour maîtriser davantage la croissance de la population, c’est la fécondité. On l’a dit, cela passe par l’éducation des filles et des jeunes femmes, et par la sensibilisation de tous aux enjeux liés à une augmentation anarchique de la population. Malheureusement, certains dirigeants voient encore l’augmentation de la population comme une marque de puissance, et misent sur le fameux « dividende démographique », en oubliant trop souvent que ce dividende n’est réalisable que si le reste suit.

Je m’explique : sans infrastructure d’éducation et de santé efficaces, sans créations d’emplois décents par millions, les jeunes générations ne seront pas bien formées, ne s’intégreront pas au marché du travail et ne seront pas en bonne santé. Elles ne pourront donc participer qu’à la marge à l’enrichissement économique national, si encore ces jeunes vivent suffisamment longtemps pour devenir des travailleurs actifs et trouvent un emploi. Autre phénomène croissant, en grande partie dû à l’absence de bonnes infrastructures d’éducation et de santé : l’exode. En effet, il semble évident que les dizaines, voire centaines de milliers, de jeunes qui traversent le Sahara puis la Méditerranée au péril de leur vie et prennent le risque de tout quitter, s’inscrivent dans cette démarche parce qu’ils estiment n’avoir rien d’autre à perdre que leur vie dans cette aventure. Ce message de désespoir doit nous interpeller, parce que si la population continue de grandir à ce rythme, les émigrés seront de plus en plus nombreux.

Les gouvernants doivent donc se pencher sur les voies et moyens de faire baisser le taux de fécondité. Nous avons déjà écarté la coercition pour atteindre cet objectif. Mais il y a d’autres stratégies, d’autres politiques publiques qui peuvent être tentées. On l’a vu dans certains pays comme en Afrique du Sud, au Kenya ou au Malawi. En Éthiopie, le gouvernement a par exemple mis en place un réseau très dense de 42 000 agents de santé communautaire. Ceux-ci ont permis d’alléger le coût de la santé de 39% entre 2005 et 2015, ce qui est déjà énorme, mais ils ont aussi permis de sensibiliser des millions de femmes au contrôle des naissances. Cette expérience pourrait être étendue à d’autres pays, voire au continent tout entier.

Autre levier possible, le planning familial. Rappelons qu’en 2011, neuf gouvernements d’Afrique de l’Ouest, le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), l’Agence française de développement et plusieurs grandes fondations privées avaient signé un accord, le « Partenariat de Ouagadougou », destiné à favoriser la planification familiale. Il existe des obstacles religieux, politiques et sociaux, mais le planning familial reste l’une des méthodes éprouvée pour la réduction de la fécondité à condition d’avoir accès aux moyens modernes de contraception. Sur ce volet également des politiques publiques peuvent être mises en place. Et si les États ne souhaitent pas s’engager directement, ils peuvent faire appel et laisser travailler librement des ONG spécialisées dans ce domaine.

Selon les études disponibles, en 2013 dans le monde, 63 % des femmes de 15-49 ans vivant en couple utilisaient une méthode de contraception, et 57 % une méthode moderne (pilule, stérilet ou stérilisation). Mais pour l’Afrique subsaharienne, seulement en moyenne 20 à 25% des femmes avaient accès à un moyen de contraception, certains pays tombant même en dessous de 10% comme le Mali ou l’Erythrée.

À ce titre, l’Afrique du Nord représente une exception sur le continent. L’Algérie, l’Égypte, le Maroc ou la Tunisie ont connu des transitions démographiques plus rapides avec une fécondité actuelle comprise entre deux et trois enfants par femme. Un chiffre que l’on peut lier à la forte proportion d’utilisation de moyens de contraception : entre 60 % et 68 %. Au sud du Sahara, seule l’Afrique du Sud s’approche de cette moyenne mondiale avec 60%.

Cela démontre que des politiques publiques peuvent répondre efficacement au défi de la réduction du taux de fécondité. Nous devons seulement nous y atteler.

Contrôle des naissances ou meilleures politiques de développement ?

L’heure est au débat sur la démographie de l’Afrique. Rapports, experts, responsables politiques, s’expriment depuis quelques semaines sur le sujet, sensible dans la plupart de nos pays, de la démographie galopante et du contrôle des naissances. Certains reprennent de vieilles théories malthusiennes et comparent, selon une certaine logique, le taux de croissance démographique au taux de croissance de l’économie. D’autres voient dans l’accroissement démographique un signe de vivacité et de richesses futures.

Regardons d’abord les chiffres : le dernier rapport du Département des affaires économiques et sociales de l’Onu (DESA), « Perspectives de la population mondiale, la révision de 2017 », indique que l’Afrique comptera près de 4,5 milliards d’habitants d’ici 2100, soit 40% de l’humanité contre 1,3 milliard aujourd’hui (17% de la population globale). L’Afrique aura une population comparable à celle de l’Asie, qui selon la même source, devrait voir sa population se stabiliser à 4,8 milliards, alors qu’elle est de 4,5 milliards aujourd’hui (60% de la population mondiale). La population mondiale devrait alors être de 11,2 milliards d’habitants contre 7,5 aujourd’hui.

Dès 2030, le Nigeria devrait compter 410 millions d’habitants, soit plus que les Etats Unis. Le rapport onusien ajoute un point intéressant : l’essentiel de la croissance démographique mondiale devrait se concentrer dans seulement neuf pays, la plupart africains, dont le Nigéria, la République Démocratique du Congo, l’Ethiopie, la Tanzanie, et l’Ouganda.[1] Actuellement, la population africaine croit de 2,5% par an contre 1,7 au niveau mondial.

La croissance de la population tient à plusieurs facteurs : le taux de fécondité (5,5 en 2006 contre 5,0 en 2016) élevé – avec l’exemple extrême du Niger qui compte 7,4 enfants par femmes en âge de procréer -, mais aussi l’augmentation de l’espérance de vie qui a gagné 20 ans en Afrique depuis 1950 et se situant aujourd’hui à 57 ans. Un point à rappeler aussi : la densité de population en Afrique est l’une des plus faibles du monde.

On ne peut bien sûr être aussi précis sur les taux de croissance économique. Mais les projections optimistes indiquent pour les années à venir une progression de 4 à 6 points de croissance par an en Afrique. Un chiffre envié par la plupart des autres régions du monde. Nous avons déjà dit combien par ailleurs, ces taux de croissance ne prenaient pas en compte toute la réalité économique de nos pays, le secteur informel notamment, et qu’ils étaient bien souvent déformés dans un sens ou dans l’autre.

Face à cette situation, quel parti choisir ? Faut-il même choisir un camp ? Est-ce possible ? A l’heure où la Chine est revenue sur sa politique forcée de limitation des naissances, l’Afrique doit-elle à son tour tenter de limiter par la contrainte les naissances alors que des études montrent le nombre désiré d’enfants par femme en Afrique subsaharienne est supérieur à cinq[2] ?

Les enfants sont encore vus en Afrique comme une source de richesse et une soupape de sécurité économique : main d’œuvre pour les travaux agricole et autres, mais aussi assurance retraite dans des pays qui n’en connaissent pas. Autant de facteurs à prendre en compte et qui rendent selon nous impossible les politiques contraignantes. D’ailleurs personne ne juge que la Chine a été handicapée dans son développement économique par sa forte démographie et ses 1,3 milliards d’habitants.

En revanche, faire de la santé et de l’éducation des femmes une priorité, favoriser l’accès aux moyens de contraception modernes tout en créant les conditions d’une émancipation réelle des femmes et des jeunes filles, afin qu’elles puissent choisir et non subir leurs grossesses, voilà qui pourrait permettre de faire baisser le taux de fécondité.

[1] Le rapport souligne par ailleurs que de 2017 à 2050, la moitié de la croissance de la population mondiale sera concentrée dans seulement neuf pays: l’Inde, le Nigeria, la République démocratique du Congo, le Pakistan, l’Ethiopie, la Tanzanie, les Etats-Unis, l’Ouganda et l’Indonésie.

[2] USAID, « Desired number of children: 2000-2008 », DHS Comparative Reports, n°25, Février 2010.

Investir de manière stratégique dans l’éducation supérieure

Le développement démographique de l’Afrique pose d’importants problèmes d’infrastructures et d’équipements à nos États. C’est particulièrement vrai pour le domaine de l’éducation. La nature ayant horreur du vide, là où les Etats n’arrivent pas ou plus à accueillir des centaines de milliers, voire des millions d’étudiants du supérieur, des institutions non étatiques prennent le relais. Il en va ainsi des universités chrétiennes qui se multiplient ou des écoles coraniques qui concernent davantage le niveau primaire.

Pour nos États, l’éducation de la jeunesse doit bien sûr être une priorité, mais les moyens, en dépit d’une croissance économique globalement forte, manquent souvent. Pourtant, l’éducation est l’un des droits premiers de l’Homme. Le quatrième Objectif de développement durable de l’Onu prévoit d’assurer « l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie ». L’augmentation du taux de scolarisation représente un succès indéniable, surtout pour les filles trop souvent exclues de l’école. Mais cela pose aussi un problème pour l’enseignement supérieur qui peine à accueillir ceux qui souhaitent poursuivre leurs études. Ils sont trop rares encore, mais les universités africaines nationales n’arrivent pas à répondre à la demande. D’où le vide que nous évoquions à l’instant.

Dans les années 50, il n’y avait que 41 institutions d’enseignement supérieur en Afrique qui regroupaient 16.500 étudiants. En 2010, 5,2 millions d’étudiants sont inscrits dans 668 universités en Afrique subsaharienne, un nombre qui a plus que doublé depuis 2000. Face à ce raz-de-marée, on comprend que les États aient du mal à maintenir à flot des institutions universitaires dignes de ce nom, capables d’accueillir dans des conditions confortables les étudiants, et de leur dispenser un enseignement varié et de qualité, adapté aussi et surtout aux futurs besoins en ressources humaines.

Car l’éducation est partie d’un tout et participe normalement du déploiement d’une stratégie de long terme de développement des pays en fixant des axes de formation. Par exemple, l’Afrique de l’Ouest aujourd’hui manque cruellement de main d’œuvre qualifiée ou d’ingénieur des mines, alors que la région connaît un boum minier sans précédent. Les compagnies minières internationales sont donc obligées de faire appel à des expatriés dans un certain nombre de domaines, et parfois dans le meilleur des cas, forment des Ouest-africains pour les remplacer. Mais l’idéal serait d’avoir des instituts de formation, des écoles des Mines, par exemple au niveau régional (CEDEAO) qui formeraient les jeunes à ces métiers aux débouchés de plus en plus nombreux.

La réalité de nos jours, c’est que des institutions privées, souvent rattachées à une obédience religieuse répondent à la place de l’État aux besoins en éducation supérieure. De l’autre côté du spectre, cette situation d’indigence universitaire pousse également certains des meilleurs éléments à partir à l’étranger, souvent en Occident mais aussi et de plus en plus dans certains pays arabes, pour étudier. Cela participe de la fuite des cerveaux et du déficit de compétences. L’exemple des médecins est sans doute le plus parlant. C’est tout aussi vrai des professeurs d’université, souvent découragés par le manque de moyens, de reconnaissance, d’investissement public et d’infrastructures adaptées pour accueillir toujours plus d’étudiants.

Les gouvernements africains ont donc laissé se développer les universités privées, majoritairement chrétiennes. Au Ghana par exemple, on dénombrait seulement deux universités privées en 1999, elles sont aujourd’hui 28. Le Nigeria a autorisé 61 institutions privées depuis 1999 dont 31 sont chrétiennes. Cette situation pose bien sûr la question du contrôle de l’État sur l’éducation supérieure, tant en terme de contenu des enseignements que d’intégration de l’éducation dans une culture républicaine traditionnelle indépendante des confessions religieuses. Sans parler de la possibilité que l’éducation soit prise en otage d’une lutte politique qui n’a rien à voir avec le pays d’implantation de l’université privée, comme ça a été le cas récemment en Afrique de l’Est[1].

En ce qui concerne l’éducation, l’Agenda 2063 de l’Union Africaine (UA) prévoit qu’au moins 70% de tous les lycéens africains aient accès à l’enseignement supérieur, ce qui représente une multiplication par huit du taux actuel d’inscription. Pour atteindre ces objectifs, nos États devront donc investir davantage dans l’éducation, en partenariat avec le privé, augmenter l’uniformisation des programmes et les contrôles des institutions privées, et définir des stratégies claires de formation en adéquation avec leurs besoins.

[1] Voir : http://www.agenceecofin.com/international/2501-44202-l-economie-et-les-reseaux-lies-a-l-imam-gulen-au-menu-de-la-tournee-du-president-turc-en-afrique-de-l-est

Les Rencontres Économiques d’Aix-en-Provence

Je remercie le Cercle des économistes de m’avoir invité à cette nouvelle édition des Rencontres Économiques d’Aix-en-Provence. Invités exceptionnels et débat passionnant.

La vidéo de mon intervention lors de la table ronde : D’un monde d’inégalités à un monde de solidarités – coordonnée par Pierre Jacquet, membre du Cercle des économistes, et modérée par Béatrice Mathieu, Adjointe au rédacteur en chef du journal L’Express, avec Jacques Attali, Président de Positive Planet, Pierre-André Chalendar, Président Directeur Général de Saint-Gobain, Esther Duflo, Professeure à l’Institut de technologie de Massachusetts et Geoffrey Lamb, Conseiller Sénior de la Fondation Bill & Merinda Gates, est disponible en cliquant ici.

À défis mondiaux, solutions continentales ?

À l’heure où de plus en plus de voix se font entendre pour remettre en question l’Union européenne (UE), l’idée d’unité du Vieux continent, et surtout le fonctionnement de ses institutions, l’Union Africaine (UA) vient d’accepter un nouveau membre : le Maroc.

Cela démontre le pouvoir d’attraction de l’organisation continentale sise à Addis Abeba, laquelle a tout de même à son actif de nombreuses réalisations porteuses de stabilité et de développement. Il faut dire que l’UA a su se renouveler. De l’OUA des indépendances jusqu’à l’UA que nous connaissons aujourd’hui – en grande partie d’ailleurs inspirée de l’UE – il y a eu un véritable saut qualitatif dont on doit se féliciter.

Aujourd’hui, l’UA est un interlocuteur incontournable de la communauté internationale. Par elle, l’Afrique est capable de parler d’une seule voix dans les grandes arènes internationales, que ce soit sur le climat ou le commerce. L’union fait la force, comme dit l’adage, et il est incontestable que l’on est plus intelligent à plusieurs que seul. Mais l’union, surtout quand elle dépasse le simple cadre économique, n’est pas chose aisée : on le voit dans d’autres régions du monde au Moyen-Orient par exemple, mais aussi en Amérique du Nord où les divisions se multiplient…

En Afrique au contraire, l’unité continentale est aujourd’hui renforcée. Il est intéressant de souligner que même lorsque des pays se divisent, à aucun moment les nouvelles entités étatiques n’envisagent de quitter l’UA. Je pense notamment au cas le plus récent du Soudan du Sud. Le Maroc l’a bien compris qui revient dans le giron idéologique des pères fondateurs de l’Afrique, eux qui au lendemain des indépendances avaient voulu cette unité africaine parce qu’ils se rêvaient une communauté de destin et d’intérêts.

Déjà, avec le NEPAD ou la Banque africaine de développement (BAD), la vision du développement, les projets, les engagements sont envisagés à l’échelle du continent Nous avons réussi à produire un projet global africain où chaque pays voit son intérêt et peut espérer participer à son niveau à l’effort général. C’est vrai pour les infrastructures – rail, électricité – mais aussi pour la question sociale grâce à l’Agenda 2063. Celui-ci prévoit des mesures sur 50 ans pour stimuler une transformation socio-économique sur l’ensemble du continent. Un élément clé de cette transformation consiste à tirer pleinement profit du « dividende démographique » afin de faire en sorte que le progrès économique améliore la croissance, le développement social et le partage des richesses. C’est aussi le cas pour la santé avec la « Stratégie africaine pour la santé » et le « Cadre catalytique pour éliminer le Sida, la tuberculose et le paludisme en Afrique à l’horizon 2030 », mis en place par l’UA.

Il reste des progrès à faire notamment dans l’intégration, la libre circulation des personnes et des biens, mais en 15 ans, les progrès de l’UA sont assez extraordinaires.

Forte de ses valeurs, de ses ambitions et de ses atouts – croissance économique et démographique, ressources importantes, jeunesse dynamique -, l’Afrique aujourd’hui peut faire face aux défis que lui impose un monde en perpétuel changement en faisant front commun. À l’Onu par exemple les pays africains pèsent lorsqu’ils sont unis. Et c’est avec cette unité que nous pouvons aussi nous ouvrir au reste du monde. L’UA est notre maison, notre foyer, notre port d’attache. On peut se tourner vers d’autres zones géographiques, comme l’UE par exemple pour le Maroc et la Tunisie, ou bien comme les BRICS pour l’Afrique du Sud, mais à la fin nous savons d’où nous venons. C’est notre force.

Ces extensions de l’Afrique vers le reste du monde via des pays individuels, mais aussi grâce aux diasporas, est une force. Reste à faire en sorte que soit inscrit un principe de « partage diplomatique » ou d’accès préférentiel au sein des instances panafricaines. Nos partenaires sont déjà très présents : par exemple au conseil d’administration de la BAD, on trouve la France, le Royaume-Uni, les États Unis, le Japon et la Chine, entre autres. Ces États partenaires et amis de l’Afrique participent donc directement aux projets mis en œuvre par la banque continentale. Cela facilite l’action et rend plus efficace le partenariat.

Nos inégalités peuvent aussi être des forces : si les banques marocaines et sud-africaines en l’occurrence jouent leur rôle de répartiteur du capital, cela peut profiter aux autres pays et à leurs secteurs privés respectifs.

Intégrer la perspective panafricaine dans la réflexion ne peut que bénéficier aux acteurs sur ce marché immense qu’est devenu l’Afrique.