L’éducation, seule arme pour préparer l’Afrique au défi de l’emploi des jeunes

Après les lancements successifs du projet Skills Initiative for Africa (SIFA) à Lomé, Accra et Johannesburg ces dernières semaines, il me semblait important de prendre la parole sur le sujet des politiques de développement de l’emploi chez les jeunes. En effet, le projet SIFA a pour objectif de financer des projets de développement des compétences dans plusieurs pays africains. 

Car si le dynamisme démographique représente une grande opportunité, il est aussi un immense défi au moment où 440 millions de jeunes Africains seront en âge de travailler dans les quinze prochaines années. Les taux élevés de chômage et le déficit de compétences font partie des défis les plus pressants auxquels l’Afrique est confrontée. Il est donc urgent de promouvoir les industries et les activités économiques qui contribuent à créer de nouveaux emplois. 

Pour y parvenir, il me paraît essentiel de mettre en œuvre de nouveaux programmes d’éducation et de formation afin de doter les jeunes – et même les moins jeunes – des compétences nécessaires pour vivre et travailler dans le contexte actuel de transition vers l’économie numérique. Cette transition vers le numérique va concerner tous les secteurs, y compris l’agriculture. En effet, de plus en plus nombreux seront les agriculteurs connectés, pour qui l’accès à l’information sera essentiel. De même, l’agriculture intelligente face au climat va reposer sur un usage de plus en plus intensif des nouvelles technologies. N’oublions pas que le secteur agricole emploie en Afrique 60 à 70% de la population active. 

Il est également crucial d’adapter le système éducatif aux réalités économiques : par exemple, en 2013, 75% des bacheliers se sont spécialisés en littérature, contre 25% en science, quand on sait que les sciences humaines correspondent peu aux secteurs économiques qui embauchent en Afrique. Il convient donc de bien adapter les plans nationaux d’éducation en fonction des priorités nationales de développement. 

Nous devons en outre diffuser la culture de l’apprentissage en ligne dans tous nos établissements d’enseignement et de formation techniques et professionnels (EFTP) et promouvoir ces établissements en tant que véritables filières d’apprentissage. Nous devons aussi former les enseignants afin qu’ils puissent enseigner les compétences numériques du XXIe siècle avant d’être dépassés par les bouleversements liés à l’avènement de la 4e Révolution industrielle. 

Pour atteindre ces objectifs, nos États devront investir davantage dans l’éducation, en partenariat avec le secteur privé, les partenaires au développement et les universités afin de renforcer la standardisation des programmes dans nos centres d’apprentissage au niveau de l’enseignement supérieur et dans l’enseignement technique et professionnel. 

Il importe de définir des stratégies de formation claires et adaptées aux besoins de développement du continent, au niveau régional également. L’approche continentale que nous proposons fournit une plate-forme pour faciliter la mise en œuvre de cadres à l’échelle de l’Afrique et pour permettre ce partage d’expérience. In fine, l’éducation est notre seule arme pour nous préparer au défi de l’emploi des jeunes. 

Published by