Infrastructures, agriculture, tuberculose : une semaine à New York sous le signe de l’action

Je voudrais partager avec vous quelques impressions de New York, où je me suis rendu pour représenter l’Agence du NEPAD à la 73èmesession de l’Assemblée générale des Nations unies. Cette semaine fut riche en événements et en échanges. Ma rencontre avec Rodger Voorhies, le directeur exécutif de la Fondation Bill et Melinda Gates, a permis d’évoquer le programme d’accélération de la croissance agricole en Afrique, porté par l’Agence du NEPAD, et de réfléchir aux opportunités de partenariat autour du projet AATS (Africa Agriculture Transformation Scorecard– les « fiches d’évaluation de la transformation agricole en Afrique). La rencontre avec le Dr Andrew Steer, président du World Resource Institute, qui collabore avec l’Agence du NEPAD sur le programme AFR100 pour restaurer 111 millions d’hectares de terres arables en Afrique à l’horizon 2030, a été l’occasion de faire le point sur l’avancement de ce partenariat stratégique. Enfin, l’approfondissement du dialogue entre l’Agence du NEPAD et le bureau régional du PNUD en Afrique a été au cœur de mes chaleureux échanges avec la nouvelle directrice générale de cette institution, Ahunna Eziakonwa.

Notre continent, l’Afrique, a reçu un hommage particulier à New York. Cette 73èmesession de l’Assemblée générale était en effet dédiée à la mémoire du plus inspirant de nos leaders, Nelson Mandela, dont nous célébrions le centenaire de la naissance. Après l’Union africaine, qui avait honoré « Madiba » lors du sommet de Nouakchott des 1eret 2 juillet dernier, c’était donc au tour de l’ONU d’invoquer l’héritage du père de la Nation sud-africaine : l’Assemblée générale a proclamé la décennie 2019-2028 « Décennie Nelson Mandela pour la paix ». Mandela est devenu un symbole universel, qui transcende les frontières, les continents et les époques. C’est évidemment une fierté pour tous les Africains.

Nous pouvons et devons donner l’exemple : à rebours d’un discours misérabiliste tendant à présenter notre continent comme celui des crises, comment ne pas souligner qu’une des meilleures nouvelles récentes pour la paix est venue d’Afrique : la réconciliation entre l’Ethiopie et l’Erythrée, qui ont décidé de surmonter leur contentieux territorial pour mettre un terme à un conflit vieux de 20 ans. Cette nouvelle ouvre des perspectives pour la relance de l’intégration régionale, qui a connu un coup d’accélérateur avec la création de la ZLEC, la Zone de libre échange continentale. La ZLEC sera un processus long, mais elle apparaît déjà comme une concrétisation tangible de l’idéal panafricain. Le président du Rwanda et président en exercice de l’Union africaine, Paul Kagamé, l’a justement rappelé lors de son discours à la tribune de l’ONU…

Mais l’intégration africaine passera par les infrastructures et, à ce sujet, une rencontre cruciale sur leur financement a été organisée à l’initiative du Nepad, le 25 septembre, au Nasdaq de New York. Notre agence coordonne la participation du secteur privé aux grands projets structurants du PIDA (Program for Infrastructure Development in Africa). Cette réunion a permis de sensibiliser et de mobiliser les secteurs financiers africain et international. Nous encourageons les fonds de pension africains à consacrer au moins 5% de leur portefeuille d’investissements (qui s’élève à 1,1 trillion de $) aux infrastructures, notamment à travers les PPP. Nous devons être exemplaires si nous souhaitons être accompagnés par nos partenaires internationaux !

L’Agence du NEPAD est aussi pleinement engagé dans la lutte contre la tuberculose, qui a tué 2,6 millions d’Africains en 2016. La rencontre de haut niveau « Unis pour mettre un terme à la tuberculose : une réponse continentale », que nous avons organisé le 25 septembre, a permis aux gouvernements africains, à leurs partenaires et aux grands donateurs de renouveler leur engagement à combattre ce fléau à travers la coopération multilatérale. Nous sommes convaincus que seule une réponse continentale et multidimensionnelle, associant étroitement tous les acteurs, publics et privés et les populations, est pertinente pour trouver une solution à ce drame.

Mais il faut également pouvoir réagir face aux urgences et aux crises sanitaires qui se jouent des frontières. C’était l’objet du second dialogue humanitaire organisé sous l’égide de l’Agence du NEPAD, le 28 septembre à New York, dans le cadre de son initiative Move Africa, qui vise à mettre en place des corridors permettant d’accélérer et de faciliter le travail des organisations humanitaires ».

Toutes ces initiatives témoignent de la volonté de l’Union africaine et de l’Agence du NEPAD : agir le plus concrètement possible pour créer les fondations d’un futur meilleur pour notre Continent. Nous y reviendrons.

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