Fragilité et résilience des Etats Africains

Si nous voulons que les choses avancent, notamment pour le développement économique et social de nos populations, nous devons parfois reconnaître nos faiblesses, et l’une des plus importantes aujourd’hui reste la faiblesse de l’Etat dans la plupart de nos pays. Cette faiblesse peut vite se transformer en fragilité, comme on l’a vu avec des phénomènes aussi différents que le virus Ebola, ou la progression de Boko Haram, sans parler de la prise en charge des conséquences du réchauffement climatique.

Plus un Etat est faible ou fragile, plus il risque d’être dépassé par les événements et incapable de faire face aux défis de grande ampleur qui se pose à lui. La question de la résilience de nos Etats prend dès lors tout son sens. Il faut rendre à César ce qui est à César. La Banque Africaine de Développement (BAD) a été précurseur dans le domaine sous la présidence de Donald Kaberuka en créant un Département directement chargé de ces questions. Si au départ le focus était placé sur les Etats en transition, notamment post-conflits, il s’est petit à petit déplacé vers le concept de résilience plus général et prenant en compte davantage de scénarios auxquels nos Etats doivent faire face.

En janvier 2017, la BAD avait organisé son premier Forum sur la Résilience en Afrique qui avait été couronné de succès. Il avait permis notamment d’analyser différentes situations de fragilité présentes sur le continent, mais aussi de constater un fait majeur : le continent progresse, et certains Etats extrêmement fragiles parviennent à se consolider. Un autre constat qui suit le premier, c’est que de la fragilité peut justement découler la résilience qui peut dès lors conduire à la stabilité de nos Etats. Il suffit juste de reconnaître nos fragilités.

Parmi les recommandations émises l’an passé, on retiendra la nécessité de forger des partenariats plus solides et axés sur la complémentarité des compétences afin d’obtenir plus d’efficacité des interventions ; et de « répondre de manière concertée aux besoins des personnes situées au bas de la pyramide de la pauvreté en apportant des interventions rapides au niveau communautaire dans les situations de fragilité, afin d’assurer une inclusion accrue tout en donnant de l’espoir aux populations les plus vulnérables ».

C’est justement sur le thème « Construire la résilience et atteindre ceux au bas de la pyramide » que doit plancher la deuxième édition du Forum Africain de la Résilience (FAR) qui doit se tenir à Abidjan les 8 et 9 février prochain. L’objectif de cette nouvelle rencontre est de partager les connaissances sur de nouvelles approches pour fournir un soutien au développement dans des environnements fragiles. Il s’agit également de fournir une plate-forme pour présenter des solutions innovantes et des technologies nouvelles pour fournir des services essentiels aux communautés qui en ont le plus besoin.

L’approche « bottom-up » est ici privilégiée contrairement à ce qui est pratiqué d’habitude, à savoir de grands programmes nationaux trop centralisés dont l’effet ne se fait pas toujours sentir chez les plus pauvres. Cette approche consiste à partir des besoins de la base pour essayer d’améliorer la situation des communautés les plus fragiles en veillant à ce qu’elles participent à la définition des solutions. Pour ce faire il convient je crois de développer de nouveaux types de partenariats, de mieux mobiliser les ressources nationales de chacun de nos Etats États vers un développement au niveau communautaire, sachant que la réalité du développement est d’abord locale.

Pour ma part je souhaiterais aussi que pour atteindre ces objectifs, nous puissions compter sur la participation directe du secteur privé, avec lequel des partenariats sont également possible.

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