Des solutions régionales pour nos problématiques nationales

Si le paysage international semble aujourd’hui marqué par une tendance au repli vers l’intérieur de la part des grandes économies mondiales qui érigent murs politiques et économiques, il nous faudra veiller, dans le cadre de notre recherche de solutions africaines aux problématiques africaines, à privilégier une posture transfrontalière.

Il s’agit donc d’opérer une véritable révolution conceptuelle afin de répondre aux défis les plus pressants que sont la sécurité alimentaire, la production de talents, les besoins en infrastructures et la stabilité politique. Seule une meilleure intégration régionale permettra de réussir la quatrième Révolution industrielle et de construire des sociétés plus fortes, plus justes et plus prospères.

Dans le contexte du dérèglement climatique, la sécurité alimentaire est une problématique majeure. En effet, il ne saurait y avoir développement économique durable et prospérité de long terme sans que la sécurité alimentaire des millions de personnes victimes de famine en Afrique soit préalablement garantie.

Se pose alors la question de savoir si notre continent est capable d’anticiper les conséquences du changement climatique sur la sécurité alimentaire.

Je pense que la réponse est oui car le changement climatique et ses effets sur la production alimentaire ne sont pas limités par les frontières nationales inventées par l’homme. Les pays d’une même région partagent des écosystèmes et des ressources naturelles qui rendent nécessaire la mise en œuvre d’une résilience aux intempéries reposant sur une meilleure intégration régionale. Ainsi, nous pouvons nous assurer qu’un nombre limité de ressources soit mobilisé et orienté vers les solutions les plus efficaces.

L’UA a identifié la nécessité de renforcer les institutions de gouvernance régionale afin de favoriser des réponses intégrées aux défis du développement de l’Afrique. Nos législateurs devraient être encouragés à envisager un plan d’industrialisation au niveau du continent, en identifiant les industries futures viables dans lesquelles différents pays africains pourront se spécialiser.

Cela signifierait que le plan industriel de chaque pays africain au niveau national s’inscrirait dans un plan régional et continental. Une intégration régionale intelligente nous permettrait de nous appuyer sur nos forces en regroupant les pays autour de leurs spécialités respectives. Quant à la coordination transfrontalière, elle permettrait de réduire les coûts d’adaptation, tout en facilitant les économies d’échelle et en répondant aux besoins en infrastructure de manière plus efficace.

Voici deux modèles d’intégration régionale qui font la différence.

L’Afrique subsaharienne et la zone Afrique australe et orientale éprouvent des difficultés à trouver de la main d’œuvre compétente pour faire progresser la croissance de leur région. Les niveaux d’éducation et de formation actuelles dans le secteur tertiaire sont très bas et portent sur des sujets qui ne sont pas directement en ligne avec les défis de ces régions. Dans ce contexte, le projet de la Banque mondiale intitulé Africa Centers of Excellence (ACE), privilégie une approche régionale dans les domaines des sciences et de la technologie et l’enseignement supérieur. ACE renforce les institutions d’enseignement supérieur africaines existantes sélectionnées afin de produire des formations de niveau mondial pour répondre aux priorités des secteurs économiques. ACE II prévoit d’inscrire plus de 3 500 étudiants diplômés dans leurs domaines de spécialisation d’ici à cinq ans.

La dimension politique de l’intégration régionale ne peut pas être ignorée. Renforcer la confiance des dirigeants et des populations et assurer la stabilité politique à travers les nations africaines sont la clé d’une collaboration efficace. Nous venons de voir une approche commune dans le domaine de la paix et de la sécurité à travers l’intervention militaire de l’ECOWAS en Gambie, le 19 janvier. ECOWAS a démontré que, dans les situations de crise, la stabilité peut être assurée plus efficacement par des forces régionales.

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One thought on “Des solutions régionales pour nos problématiques nationales

  1. Mr. Mayaki,
    Ce sont il me semble, de grands principes que vous enoncez et qui sont indispensables pour une Afrique qui se prenne reellement en charge, mais le vrai probleme ici n’est pas de l’enoncer mais plus tot de faire le diagnostic des pensanteurs lourdes qui minent l’Afrique de pouvoir arriver a cette mutualisation regionale ne serait-ce qu’en matiere de securite alimentaire. Aussi il faut poser les vrais problemes dont la mise sous coup reglee de l’economie de 14 pays par la France en constitue l’element majeur. Pourquoi, les institutions internationales financiere ou de developpement s’evertuent a pretender aider ou dicter des modeles de developpement pour l’Afrique quand ils savent que c’est un continent riche mais qui ne peut s’epanouir tant il est etouffe par la france. Que font-ils, comment regardent-ils la France entrain d’asservir l’economie et la monnaie de ces pays pendant qu’eux, en 70 ans d’intervention en Afrique, sont toujours au point zero et l’Afrique toujours en souffrance pour les choses les plus elementaire de la vie comme manger a sa faim. Mr. Mayaki le combat est ailleurs pour aider l’Afrique a s’en sortir, il faut deja commencer a faire le process de la France afin de liberer nos forces critiques et agissantes. Aucun peuple n.est idiot, la nature meme commande l’intelligence aux hommes, pourquoi la France croit-elle avoir le monopole de cette intelligence et user de tous les moyens pour la perenniser en fonction de leur interet. Comment comprendre que le NEPAD ne constitue rien d’autre qu’un instrument a leur actif pour continuer d’affaiblir et rendre miserable l’Afrique, je vous renvois au chiffre des contributions au NEPAD. Je pense Mr. Mayaki qu’il est temps de changer de discours et de forme destrategie pour aider l’Afrique a s’ensortir, n’ayons pas peur de poser les vrais problemes.

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