Cette expertise africaine qui fait toute la différence

Les investisseurs internationaux n’ont jamais autant misé sur les jeunes pousses africaines. Selon le rapport annuel du fonds de capital-risque Partech Africa paru fin mars, les investissements étrangers dans les startup africaines ont doublé en 2018 (+102% par rapport à 2017) pour dépasser la barrière symbolique du milliard de dollars pour la première fois. C’est dans cette dynamique que nous avons récompensé des jeunes champions africains pour leur contribution à la réalisation des objectifs de l’Agenda 2063, à l’occasion d’une rencontre organisée par l’AUDA-NEPAD les 9 et 10 avril à Johannesburg.

Par exemple, il y avait parmi ces talentueux entrepreneurs, Silas Adekunle, jeune Nigérian de 27 ans, fondateur de Reach Robotics, qui incarne cette nouvelle génération d’entrepreneurs. Il a mis au point le premier robot intelligent qui permet de combiner les mondes réel et virtuel à partir d’une application pour smartphone. Cette invention trouve de multiples applications, non seulement sur le plan ludique, une industrie en plein essor, ou pour apprendre à coder et acquérir des compétences informatiques. Il a noué des partenariats avec des entreprises aussi prestigieuses qu’Apple et Amazon. Son exemple témoigne que l’Afrique regorge d’un impressionnant vivier de créateurs. Pour qu’ils puissent se développer encore davantage, nous devons fondamentalement encourager ces solutions africaines.

Plus largement, plusieurs initiatives viennent rompre avec les idées reçues sur l’Afrique. À titre d’exemple, nous pouvons citer : M-Pesa, le système de transfert d’argent par téléphone mobile et véritable pilier de l’économie kényane ou encore le logiciel Ushahidi, créé en 2007 au Kenya afin de cartographier les violences politiques, et utilisé aujourd’hui dans le reste du monde pour identifier les victimes de catastrophes naturelles.

L’essor, depuis les années 2000, de formations d’excellence sur le continent s’avère non moins central. Nelson Mandela en a été l’un des pionniers, en parrainant en 2002 une initiative du Rhodes Trust. Ce fonds a alors donné 10 millions de livres sterling à la Fondation Mandela Rhodes, qui sélectionne chaque année depuis 2005 une vingtaine d’étudiants entièrement pris en charge pour suivre un programme d’exception d’une année, axé sur le leadership, l’entrepreneuriat, la réconciliation et l’éducation.

Cette expertise africaine se trouve également au sein des think tanks africains. En effet, comme chaque année, le Tana Forum, organisé par l’Institute for Peace and Security Studies (IPSS) de l’Université d’Addis-Abeba, aborde sans complaisance les questions de sécurité. Citons aussi l’exemple du Nigerian Economic Summit Group, un groupe de réflexion qui investit essentiellement dans la recherche de solutions efficaces, y compris en aidant l’Assemblée nationale à élaborer les lois du pays.

De son côté, l’African Leadership University (ALU), lancée en 2004 par quatre professionnels renommés, dont le consultant ghanéen Fred Swaniker, qui dispense des cours de « pensée critique », « d’auto-leadership » ou de « données numériques et décisions ». Cette université vise à créer un réseau de 25 campus à travers le continent, et s’est déjà implantée à Maurice et au Rwanda. Emblématique d’une Afrique proactive, l’ALU veut devenir « la » référence africaine, à l’instar d’Harvard ou Oxford pour l’Amérique ou l’Europe. L’ALU a pour ambition de devenir « la » référence africaine, à l’instar des universités prestigieuses de l’Amérique ou de l’Europe.

En tant qu’Agence de développement de l’Union africaine, notre devoir est de soutenir ces projets de plus en plus ambitieux et innovants. Ce sont eux qui vont permettre d’offrir de meilleures conditions de vie aux jeunes diplômés Africains qui arrivent sur le marché du travail à un rythme jamais égalé dans notre histoire.

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