Les États africains face aux bouleversements climatiques

Si toutes les régions du monde sont concernées par le changement climatique, l’Afrique demeure le continent le plus exposé. Selon l’indice 2015 de vulnérabilité au changement climatique, sept des dix pays les plus menacés sont en Afrique.

Situation injuste et ironique, car le continent africain a joué un rôle minime dans le déclenchement de la crise climatique. Mais la réalité est là : le défi du changement climatique est beaucoup plus redoutable en Afrique qu’ailleurs, du fait de la fragilité de son système agro-alimentaire et de son modèle économique. Constat désolant, mais ce sont les populations les plus éloignées de la mondialisation, tant sur le plan de la responsabilité que de la simple géographie, qui en sont les premières victimes.

L’Afrique subit un réchauffement climatique 1,5 fois supérieur à la moyenne mondiale, avec des conséquences préoccupantes multiples. Son écosystème, déjà fragilisé, rend le continent africain peu résilient aux éventuels chocs climatiques, alors que la fréquence, l’intensité et la durée des phénomènes extrêmes  – sècheresse, inondations et autres – sont accentuées.

Ces bouleversements sont une menace directe pour l’agriculture et l’élevage, des secteurs clés pour l’économie et la sécurité alimentaire. A terme, des millions de personnes pourraient perdre leurs moyens de subsistance.

L’urgence de relever les défis posés par le changement climatique impose une double démarche : atténuer les causes et s’adapter aux conséquences.

Il est difficile pour les pays africains de réduire leurs émissions ; celles produites par les rares industries du continent sont négligeables par rapport à celles des grands pollueurs de la planète. Le continent africain dans son ensemble contribue pour 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, contre 24% pour la Chine et 13%  pour les États-Unis. L’adaptation est une priorité absolue, mais elle a un coût. De 7 à 15 milliards de dollars par an aujourd’hui, il s’élèvera à 35 milliards d’ici 2040. La communauté internationale est-elle prête à accroitre son appui financier pour soutenir l’Afrique ? Le risque est que le continent se retrouve à la case départ… devant affronter les effets dévastateurs, dans tous les sens du terme, du changement climatique.

Il y a eu certes de part et d’autres de la planète, quelques initiatives de philanthropes pour venir en aide au peuple africain, mais les financements consentis s’avèrent nettement insuffisants.

L’Afrique est donc livrée à elle-même, et n’a d’autre choix que de s’adapter. Ce qui pourrait, paradoxalement, s’avérer une opportunité. Les pays africains doivent se regrouper et s’enrichir mutuellement de leurs expériences afin d’adopter de nouvelles approches et développer de nouvelles stratégies, plus efficaces.

Le continent est appelé à revoir son modèle de développement. Il doit planifier et mettre en application des mesures concrètes d’adaptation, renforcer sa résilience,  revoir son système alimentaire, adopter des économies vertes résistantes au changement du climat,  améliorer la veille climatologique et météorologique… C’est aussi une opportunité pour les acteurs politiques et économiques africains de s’unir et d’adopter une position commune dans les négociations internationales en vue d’obtenir un soutien technique et financier adéquat.

Révéler le potentiel du secteur privé – l’économie informelle nous montre la voie

Partout en Afrique, que ce soit dans les quartiers ou dans les familles, vous trouverez un entrepreneur au sens des affaires aiguisé cherchant à se procurer des fonds auprès d’une tontine. L’Afrique compte plus de 50 millions de petites et moyennes entreprises contribuant pour près de 33% au PIB du continent .

Aujourd’hui, le secteur informel en Afrique n’est pas seulement un label, c’est un mode de vie bien ancré, une tradition. D’ailleurs beaucoup des grandes entreprises africaines ont fait leurs premiers pas dans ce secteur. Le NEPAD cherche à répondre aux attentes des citoyens dans tous les domaines du service public. L’une de nos priorités est de nourrir le dialogue entre les secteurs public et privé dans l’optique de lever les obstacles de l’entrepreneuriat et favoriser le plus grand impact possible sur le terrain.

Bien que peu d’attention ait été donnée dans le passé au rôle du secteur informel pour la croissance, rappelons que l’économie informelle en Afrique est une entreprise immense et donc un employeur très important. Elle va continuer de jouer un rôle de premier plan pour le développement de l’Afrique. Le secteur représente environ trois quart de l’emploi non agricole à travers le continent et 72% de l’emploi total en Afrique subsaharienne .

Voici donc quelques tendances dont nous devons tenir compte afin de trouver les moyens de révéler le plein potentiel du secteur informel :

  • Dans la plupart des économies africaines, le secteur informel offre des opportunités aux populations les plus vulnérables comme les plus démunis, les femmes et les jeunes ;
  • Entrer dans le secteur informel pour les personnes à niveau d’éducation élevé est un choix de carrière ;
  • Un regard approfondi sur le secteur informel en Afrique offre un bon aperçu de ce que nous pourrions atteindre si les politiques économiques et financières en Afrique étaient connectées aux réalités du continent.
  • L’économie informelle repose souvent sur les communautés dans un esprit d’entreprise sociale, puisant dans le mode collectiviste autochtone.

Cependant, bien que le secteur informel représente pour beaucoup une opportunité de générer un revenu raisonnable, il a tendance à rimer encore trop souvent avec précarité, n’offrant ni revenu stable, ni bénéfices de l’emploi ni protection sociale. C’est la raison pour laquelle la voie à suivre réside dans l’organisation du secteur informel et la reconnaissance de son rôle pour le développement économique, en attirant l’attention des gouvernements, en permettant un meilleur accès aux financements et en facilitant l’échange d’informations sur le secteur.

Qui dit formalisation dit aussi risques de taxes. Les gouvernements ont un rôle à jouer afin de mettre fin à cette crainte. Dans le contexte actuel qui est celui d’une meilleure communication mobile et d’un accès à des smartphones à bas coûts, nous devons encourager les travailleurs du secteur informel à embrasser les technologies modernes, l’internet et les médias sociaux. Par exemple, les TIC et Fintech offrent des solutions administratives innovantes et peuvent ouvrir des assurances à nos entrepreneurs. L’accès aux services financiers permet de gagner et d’épargner plus, de construire des actifs et de se protéger contre les chocs externes. Mais l’inclusion financière a également besoin d’être appuyée par l’éducation, le développement des compétences et la formation (y compris les connaissances financières) dans des secteurs clés comme l’agriculture, la production alimentaire et l’industrie rurale. Enfin, ne négligeons pas le rôle des plateformes virtuelles qui ont le potentiel de donner au secteur informel une meilleure visibilité, une voix et une forme de représentation nouvelle.

Le secteur informel est devenu un moteur important de l’opportunité économique et de l’innovation. Le NEPAD reste déterminé à améliorer les efforts et conditions de transition vers une économie formelle afin de maximiser son impact pour le bénéfice de tous les acteurs.

 

Le NEPAD pourrait devenir le PNUD africain

Avant l’ouverture du 28e sommet de l’Union Africaine à Addis-Abeba, j’ai eu le plaisir d’être interviewé par deux journalistes de Jeune Afrique sur les perspectives d’évolution du NEPAD et les défis liés à son financement.

J’ai eu l’occasion d’évoquer ainsi plusieurs points stratégiques pour le futur du NEPAD. Je crois en effet que l’institution a le potentiel de devenir une véritable agence de développement africaine !

Je vous invite à retrouver mon interview ici. 

En hommage au président Macky Sall

Lorsqu’il a été élu pour son premier mandat à la tête du Comité d’orientation du NEPAD en 2013, le président Macky Sall a d’abord dû relever le défi de combler le vide laissé par Meles Zenawi. Artisan de l’une des plus grandes réussites économiques du continent à la tête de l’Éthiopie, l’ancien Premier ministre éthiopien avait également pris très au sérieux ses responsabilités à la tête du Comité d’orientation du NEPAD. Avant sa mort il avait donné son visage au NEPAD tel que nous le connaissons aujourd’hui : une Agence en ordre de marche, intégrée à l’Union Africaine et dotée d’un mandat précis, axé sur la mise en œuvre de projets régionaux.

Très rapidement, le président Macky Sall, avec un pragmatisme remarquable, a identifié les principaux enjeux du développement futur de l’Agence et a choisi de prioriser les infrastructures. Il a décidé d’appuyer tout particulièrement les projets portés par le PIDA (Programme de Développement des Infrastructures en Afrique), notamment les corridors de développement, s’inscrivant ainsi pleinement en phase avec l’un des quatre objectifs essentiels du NEPAD, à savoir l’intégration panafricaine.

C’est dans cet état d’esprit qu’il a décidé d’organiser le Sommet de Dakar pour le financement des infrastructures, en juin 2014. Ce Sommet a été un tournant décisif dans la mise en œuvre du PIDA, notamment grâce à l’adoption de l’Agenda de Dakar pour l’Action (ADA). L’ADA définit, sur la base d’un diagnostic de la situation des infrastructures en Afrique, les actions concrètes à mettre en œuvre pour le financement des 16 mégaprojets retenus sur le continent en s’appuyant essentiellement sur les partenariats public-privé.

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Dans ce sillage, d’autres avancées ont été réalisées. Il s’agit, entre autres, de l’adoption, en janvier 2015, du Mécanisme de Prestation de Services du PIDA (SDM) qui a pour objectif de fournir aux pays et institutions à l’origine des projets PIDA l’assistance technique nécessaire à la préparation des projets d’infrastructure dans leur phase préliminaire.

À cela s’est ajouté le lancement, en juin 2015, du Réseau continental des Affaires (CBN), composé notamment des représentants du secteur privé et de la finance, africains et internationaux, ainsi que des organisations régionales et internationales. Ce Réseau vise à faciliter la mobilisation des financements et la mise en œuvre des 16 projets prioritaires retenus par une préparation appropriée et des actions de développement des capacités.

Déjà, on mesure des avancées notables sur des projets aussi variés que l’Initiative régionale de fibre optique reliant les cinq capitales des États membres de la Communauté d’Afrique de l’Est, la construction des chaînons manquants de la route transsaharienne, la dorsale transsaharienne de fibre optique, le barrage hydroélectrique de Sambagalou en Guinée et l’interconnexion des lignes électriques de transport avec le barrage de Kaleta, la ligne ferroviaire Dakar-Bamako ou encore l’autoroute et les ouvrages de transport sur le corridor Dakar-Abidjan-Lagos…

Les avancées permises par cet engagement sans faille du président Macky Sall ont eu pour autre conséquence essentielle de mettre en cohérence les priorités définies par l’Afrique pour elle-même et les priorités mises en avant par les partenaires internationaux de son développement. Cette cohérence s’est affirmée avec la présence de l’Afrique au G20 à Saint Petersburg qui a permis de faire valoir les priorités de l’Union africaine.

Depuis, le G20 a fait du développement des infrastructures en Afrique une des priorités de l’action de ses membres. Ceci se vérifie avec le prochain G20 qui se tiendra début 2017 en Allemagne avec la promesse de la chancelière Angela Merkel de faire de l’Afrique une des priorités de la présidence allemande du G20.

Le leadership du président Macky Sall a été fondamental pour permettre ces avancées.

La semaine PIDA à Abidjan : pour développer notre continent, unissons nos forces et aidons la jeunesse !

Cette semaine à Abidjan s’est tenue la semaine PIDA (Programme de Développement des Infrastructures en Afrique). Cette initiative avait été lancée par la Banque Africaine de Développement, en partenariat avec la Commission de l’Union Africaine et le NEPAD. Elle est multisectorielle et multi acteurs et vise à combler le déficit d’infrastructures en matière de transport, d’énergie, de ressources en eau transnationales et de TIC, afin de faciliter l’intégration économique régionale de l’Afrique.

En effet, c’est un vaste chantier que celui des infrastructures, raison pour laquelle nous devons cesser de théoriser et parvenir à avancer concrètement ! Si des progrès spectaculaires ont été réalisés (je pense par exemple au projet d’interconnexion électrique entre la Côte d’Ivoire, le Liberia, la Sierra Leone et la Guinée), il n’en reste pas moins qu’aujourd’hui, j’en suis convaincu, des changements sont nécessaires afin de nous permettre à tous d’avancer mieux. Tout d’abord, nous devons parvenir à faire collaborer davantage les institutions, les politiques et les entreprises, en créant un dialogue productif au service de tous. Ceci permettrait selon moi de recueillir le feedback de toutes les parties prenantes et d’être ainsi beaucoup plus efficace dans l’identification et la réalisation des projets. Il faut absolument collaborer pour faire avancer l’Afrique et cesser de se défier du secteur privé ! C’est aussi grâce à lui que nous parviendrons à faire bouger les choses !

Certes, il est nécessaire d’impulser les projets : c’est le rôle de la BAD (acteur clé s’il en est) et d’autres institutions comme le NEPAD. Leur mission est de faire en sorte de désamorcer les risques liés aux infrastructures et aux projets PIDA pour solliciter l’intérêt des investisseurs du secteur privé ainsi que des investisseurs nationaux et internationaux. Là est tout l’enjeu ! Il est indispensable que le secteur privé s’implique davantage : par exemple, sur les projections de 90mds USD de ressources nécessaires à la mise en œuvre du PIDA, la moitié fait l’objet de financement publics. Le rôle du secteur privé est donc fondamental pour financer la seconde moitié…et nous devons les y inciter ! Au travers du PIDA, c’est ce que nous avons mis en place : notre but est de mettre en place des projets les plus « bankable » possible afin d’attirer le secteur privé. C’est la première variable et le nerf de la guerre : Si nous ne parvenons pas à intéresser les investisseurs, nos efforts seront vains !

Deuxièmement, et c’est le thème affiché de cette semaine PIDA (« Création d’emplois à travers le développement des infrastructures régionales »), il faut penser à la création d’emplois. En effet, on ne peut cantonner notre réflexion sur les infrastructures au fait de construire tel ou tel pont pour aller d’un point à un autre (aussi utile que cela soit !). Il faut que notre vision soit englobante : n’est ce pas le but du PIDA d’être multisectoriel ? L’Afrique a besoin de mobiliser des ressources humaines essentielles, les jeunes, qui doivent être préparés afin de, eux aussi, s’impliquer dans le développement du continent. Cette semaine, à Abidjan, j’ai eu l’honneur d’échanger pendant plus d’une heure avec des jeunes bloggeurs et chefs d’entreprise : c’est ce type d’échanges que nous devrions poursuivre afin de faire naître l’Afrique que nous voulons ! Impliquons les jeunes et créons leur des conditions pour façonner notre continent pour demain ! Je crois que cela est possible à travers le développement des infrastructures. Le PIDA doit jouer un rôle important pour réduire l’écart entre la création d’emplois et le chômage ! Il faut donc que les décideurs du secteur public et ceux du secteur privé entreprennent la formation et l’acquisition de compétences dans le développement des infrastructures.

Aujourd’hui, nous avons mis de l’ordre dans notre maison et l’Union Africaine nous guide dans cette perspective. Tous, nous devons être vigilants lorsque nous nous rencontrons afin de parler de résultats et d’impacts plutôt que de reformuler les mêmes théories sur le développement encore et encore. C’est cette dynamique qui est imprimée par le président de la BAD. Grâce à tous nos efforts, nous pourrons faire du PIDA un succès sans précédent !

Forum de la CEDEAO sur l’éducation à la culture de la paix

Aujourd’hui, je suis key note speaker à Niamey lors d’une conférence organisée par la CEDEAO et l’Etat du Niger sur le thème : Paix et dialogue inter religieux.

La CEDEAO a été créée en 1975 pour promouvoir l’intégration socio-économique des Etats par la libre circulation des biens et des personnes. Elle regroupe le Bénin, le Burkina Faso, le Cap-Vert, la Côte d’Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Liberia, le Mali, le Niger, le Nigeria, le Sénégal, la Sierra Leone et le Togo.

Cet espace connaît aujourd’hui certaines tensions politiques, sociales, ethniques et religieuses, ralentissant son élan. Ce forum permettra donc de mettre en lumière certaines solutions qui peuvent être apportées non seulement par les Etats, mais aussi par des institutions régionales. Je ne manquerai pas de vous faire part ici même des conclusions de ce Forum sur l’éducation à la culture de la paix via le dialogue religieux.

L’Afrique doit parier sur les énergies renouvelables…et ce n’est pas une utopie

Les chiffres parlent d’eux mêmes : plus de 600 millions d’Africains sont privés d’électricité, selon les Nations Unies. Un Africain utilise en moyenne 1 000 kilowatts – heure par an, contre 7 000 à 14 000 pour un Européen ou un Américain. Le fossé est vertigineux…surtout lorsqu’on sait que 100% d’électrification du continent entraînerait une hausse de la croissance africaine de 10 ou 15% par an pendant 15 ans.

Les défis à relever sont ambitieux : il faut donc parvenir à accélérer l’accès à l’électricité, tout en limitant le recours aux énergies fossiles. Mais cela ne serait-il pas l’occasion pour le continent de faire émerger un nouveau modèle de développement alliant croissance, réduction de la pauvreté et respect de l’environnement ? C’est techniquement envisageable : l’idée que l’Afrique saute les étapes (ce que l’on appelle « leapfrog ») est bien connue. On peut même se demander si l’Afrique ne suivra pas la même trajectoire dans les énergies que dans la téléphonie.

Le continent dispose en effet d’une extraordinaire richesse en ressources énergétiques renouvelables (solaire, éolien, hydraulique et géothermie). A titre d’exemple, le Maroc, qui accueillera en novembre la COP22, voit plus d’un quart de son électricité provenir des énergies renouvelables. Lors de la COP21, les chefs d’Etat africains avaient affirmé leur volonté commune de s’orienter vers ce type de modèle : en effet, le potentiel de production (encore largement sous-exploité) en énergies renouvelables en Afrique subsaharienne est estimé à 26,35 TWh…ce qui montre que les énergies renouvelables sont pleines de promesse pour l’électrification du continent ! De ce fait, l’Afrique constitue la « nouvelle frontière » en matière d’énergie renouvelable.

En effet, frappé par le réchauffement climatique et encore très dépendant des énergies fossiles, le continent est en train d’élaborer un nouveau mix énergétique. Dans son étude « Le solaire photovoltaïque en Afrique : coûts et marchés », l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena) estime que l’utilisation de l’énergie photovoltaïque va exploser sur le continent africain au cours des prochaines années. Le fort taux d’ensoleillement de l’Afrique et la baisse des coûts des technologies solaires pourraient même faire de l’énergie photovoltaïque la pierre angulaire de son mix énergétique. Bien que les énergies renouvelables en Afrique ne dépasseront sans doute pas les combustibles fossiles, elles vont éclipser le plus sale d’entre eux, le charbon, qui représente aujourd’hui plus de la moitié de la production africaine. Selon le cabinet McKinsey, ce chiffre devrait diminuer à 23% en 2040.

Les Etats africains, bien conscients de cette problématique, s’engagent de plus en plus : à peine deux semaines après celle de Bokhol, le Président sénégalais Macky Sall (également Président du Comité d’orientation des chefs d’Etat et de Gouvernement du NEPAD) a inauguré hier une nouvelle centrale solaire dans le département de Mbour. En plus de ces deux centrales solaires, une dizaine d’autres centrales photovoltaïques devraient voir le jour d’ici 2019.

Si ceci est très positif, n’oublions pas que la route est longue : selon le Africa Progress Panel (APP), il faudra investir quelque 55 milliards de dollars par an jusqu’en 2030, contre 8 milliards de dollars actuellement, pour réduire la fracture énergétique en Afrique. Pour atteindre ce niveau d’investissement, la solution des producteurs d’électricité́ indépendants (IPP) est le schéma le plus approprié. Comme au Sénégal, il faut également parvenir à générer des partenariats public-privé constructifs.

Le message est donc clair : si la COP21 était la COP de l’engagement, la COP22 sera celle de l’action. Egalement, c’est la COP de l’Afrique : nous devons absolument montrer que le continent peut se mettre en marche pour concilier développement économique et lutte contre le réchauffement climatique. Tel est l’enjeu. Et telle sera la solution.

Semaine de l’Afrique : mettons en place des partenariats intelligents !

Du 10 au 14 octobre dernier s’est tenu au siège de l’ONU à New York la semaine de l’Afrique. Elle avait pour thème le renforcement des partenariats en faveur du continent.

Cette semaine a permis de créer un débat sur les conditions actuelles de développement de l’Afrique, de mesurer les progrès accomplis, mais aussi d’aborder des sujets d’actualité : l’Agenda 2030 et l’Agenda 2063 de l’Union Africaine, qui sont complémentaires.

Au cours de cette rencontre annuelle de cinq jours, de nombreux intervenants ont ainsi partagé leurs idées sur l’avenir de l’Afrique et les politiques à mettre en œuvre pour assurer un développement et un essor durables de l’Afrique.

Je suis à ce titre revenu sur le changement d’approche et de nature des partenariats, dans cette interview réalisée par Jérôme Longué sur la radio des Nations Unies que vous pourrez retrouver ici.

De Paris à Bamako : les rencontres Africa 2016

Les rencontres Africa 2016 se sont tenues à Paris les 22 et 23 septembre dernier. Elles s’inscrivent dans la perspective du Sommet Afrique-France qui réunira à Bamako, en janvier 2017, les chefs d’Etats africains et français. Ces rencontres ont été l’occasion de saluer la bonne dynamique de la croissance en Afrique, l’amélioration globale de la gouvernance et de l’environnement des affaires, mais aussi d’insister sur les chantiers en cours et à venir : l’intégration régionale a ainsi été un sujet très abordé, ce dont je me réjouis. En effet, l’importance des corridors retenus par le NEPAD pour mailler le continent dans son ensemble n’est plus à démontrer : ils sont indispensables pour créer des chaînes de valeur sous régionale.

Ces rencontres de Paris dessinent ainsi les priorités pour le sommet Afrique-France de Bamako en janvier prochain : le double objectif est d’optimiser le rôle de la France en tant que « hub » vers l’Afrique, mais aussi d’organiser un événement régulier, utile pour les entreprises africaines et françaises.

Selon le Directeur Afrique au Quai d’Orsay, le Sommet de Bamako, initié après discussions entre l’Union africaine et les partenaires africains, se fixe trois priorités. Il s’agit de la sécurité de manière globale, de l’économie et de son potentiel en Afrique et enfin de voir comment accompagner la jeunesse face au développement démographique.

Préparons nous donc à ces rencontres afin de faire en sorte que nos échanges soient productifs et bénéficient encore et toujours à la même cause : le futur de notre continent.