Faire des matières premières une chance et non plus une malédiction

Le Nobel d’économie Jan Tinbergen avait montré dans ses travaux les impacts négatifs que pouvait avoir l’exploitation des matières premières sur l’équilibre économique d’un pays, en se basant sur l’exemple des Pays-Bas avec l’exploitation du gaz naturel dans les années 60. Depuis, la théorie du « mal hollandais » s’est élargie pour parler de « malédiction des matières premières ». L’Afrique, riche en matières premières de toute sorte, fait évidemment face à un défi en termes de gestion de la rente tirée de l’exploitation de ses ressources.

La version 2017 du rapport Arcadia (Annual Report on Commodity Analytics and Dynamics in Africa)[1] traite ainsi de l’évolution des différents liens unissant l’Afrique et les marchés mondiaux de matières premières, prenant en compte les évolutions conjoncturelles comme les mutations structurelles. Parler des matières premières comme parler de l’Afrique en général reste un vœu pieux à la vue de l’hétérogénéité qui caractérise ces champs d’étude.

Le rapport s’attache donc à traiter des matières premières « qui comptent » pour les pays africains. Ce sont les cas du minerai de fer et du cobalt, présents dans le sous-sol africain, qui ont flambé cette année. Les annonces d’investissements des Etats-Unis et de la Chine dans les infrastructures étaient favorables à l’acier et à l’aluminium, entrainant ainsi une hausse des cours du minerai de fer (+70% cette année) et de la bauxite. Un pays comme la Guinée, possédant près d’un quart des réserves mondiales de bauxite, devrait profiter notamment des interdictions d’exportation de minerai non transformé en Indonésie et aux Philippines pour tenter de devenir le premier exportateur mondial.

Toutefois, nombreux sont les exemples de pays illustrant le danger de faire trop reposer l’économie nationale et le budget de l’Etat sur les matières premières, par essence volatiles. La dégringolade des cours du cacao entraine de graves troubles sociaux et économiques en Côte d’Ivoire et au Ghana, malgré les bonnes performances macroéconomiques de ces deux pays. L’Angola, l’Afrique du Sud et le Nigeria, traditionnelles locomotives économiques du continent, ont subi de plein fouet également la chute des cours du pétrole, des pierres précieuses et des métaux.

Évidemment, les différentes difficultés économiques de ces États ne peuvent se résumer à la chute des cours des matières premières. Chaque pays possède un contexte économique, fiscal et budgétaire particulier expliquant son niveau de PIB et de croissance. Des défis panafricains persistent toutefois à l’échelle du continent : l’amélioration de l’attractivité des activités d’extraction, la promotion de la génération électrique à travers les énergies renouvelables, le renforcement de la sécurité alimentaire en développant un modèle agricole performant, et l’accroissement de la capacité des Etats et entreprises à lever des fonds.

Comme le souligne Karim El Aynaoui, directeur général de l’OCP Policy Center (un think tank marocain du groupe OCP), l’enjeu des matières premières est d’en faire une source de croissance pour le continent africain C’est pourquoi la transformation locale des matières premières répondant à une demande africaine croissante et permettant de capter une plus grande part de la valeur ajoutée est cruciale. Et pour cela, n’oublions pas un aspect fondamental : la rente des matières premières doit être gérée sur le long terme avec des instruments de politiques structurelles, sans tomber dans le piège de la gestion à court terme exposée au risque de retournements cycliques. Ainsi, nous ferons définitivement des matières premières un atout pour les économies africaines.

[1] Arcadia 2017, « l’Afrique et les marchés mondiaux de matières premières », sous la direction de Philippe CHALMIN et Yves JEGOUREL, éditions ECONOMICA et OCP Policy Center 2017

Secteur formel contre secteur informel : vers la réconciliation

On oppose souvent, particulièrement en Afrique, secteur formel et secteur informel. N’est-il pas temps de voir l’économie dans toutes ses composantes et d’intégrer de plus en plus les secteurs informels de nos économies par des politiques intelligentes ?

Derrière ce mot un peu négatif de secteur informel – entendu comme toutes les activités échappant au contrôle de l’État, tant au niveau légal que social et fiscal, il y a des artisans, des mécaniciens, des tailleurs, des marchands, des chauffeurs de taxi, des maçons… en somme des gens, qui essaient de survivre tant bien que mal et se débrouillent pour gagner maigrement leur vie.

Pourtant, dans cette logique de survie au jour le jour, ils s’inscrivent aussi dans une précarité à moyen ou long terme. Que faire en effet lorsque l’on tombe malade alors que l’on n’a que son petit boulot pour gagner l’argent qui paiera la nourriture du jour ? Qu’arrive-t-il quand le travailleur informel, trop âgé, n’a plus la force de travailler ? On comprend facilement qu’il faut avant tout sortir de la logique de survie dans laquelle trop de nos concitoyens s’inscrivent, le plus souvent contre leur gré.

Selon la Banque Africaine de Développement (BAD), le secteur informel représenterait en moyenne 55% du PIB cumulé en Afrique subsaharienne. Dans certains de nos pays, les travailleurs qui produisent cette richesse comptent parfois pour la majorité de la population active. Les chiffres manquent, mais dans un rapport consacré au secteur informel publié en mai dernier, le Fonds Monétaire International (FMI)[1] indiquait que l’informel représente entre 30 et 90% de l’emploi non agricole en Afrique subsaharienne.

Rappelons qu’il n’y a pas de frontière claire entre les secteurs formels et informels : des entreprises tout à fait légales peuvent en effet avoir recours à des contractuels informels pour certains travaux, sur un chantier de construction par exemple.

Et même le FMI, ancien pourfendeur du secteur informel, dans le rapport que nous venons de citer, montre que les temps ont changé et que le secteur informel peut être une opportunité de croissance pour nos économies. « Il ressort de l’expérience internationale que la part de l’économie informelle décroît quand le niveau de développement augmente; la plupart des pays subsahariens devraient donc conserver des secteurs informels importants pendant encore de nombreuses années, ce qui est à la fois une chance et un défi pour les responsables de la politique économique », indique le rapport.

Cela est d’autant plus vrai que le nombre de demandeurs d’emplois augmente de façon exponentielle et qu’une « lutte » contre le secteur informel priverait nos États d’une soupape de sécurité importante, surtout pour la jeunesse. Rappelons que pour absorber les nouveaux travailleurs, l’Afrique doit créer 122 millions d’emplois dans les dix prochaines années.

Le FMI ajoute que « pour les dirigeants, le défi consiste donc à créer un environnement dans lequel le secteur formel puisse prospérer, tout en offrant la possibilité aux travailleurs du secteur informel de conserver voire d’améliorer leur niveau de vie ». Faire entrer ces entreprises souvent individuelles ou familiales dans le droit commun n’est pas chose facile, mais il existe des moyens et surtout un argument de poids : entrer dans le système permet de lutter contre la précarité notamment si des politiques saines d’assurance de santé et de retraite accompagnent cette régularisation. En aucun cas les politiques ne doivent apparaître comme une surcharge fiscale des micro et très petites entreprises informelles. Les politiques doivent favoriser l’accès aux services bancaires et la productivité de ces entreprises, afin qu’elles créent plus d’emplois, payent des cotisations pour les salariés, et dans un second temps, viennent abonder les recettes fiscales de l’État.

[1]  Perspectives économiques régionales pour l’Afrique subsaharienne, 09 mai 2017.

Le NEPAD publie la carte de la nutrition en Afrique

Les Chefs d’États et de Gouvernements africains sont engagés pour atteindre les objectifs contenus dans la Déclaration de Malabo de 2014, qui reconnait que l’agriculture et la sécurité alimentaire sont des déterminants clés de la nutrition et nécessitent des réponses coordonnées et exhaustives de la part d’autres secteurs, comme la santé, l’éducation, le travail, la protection sociale, ainsi qu’une collaboration concertée avec de multiples parties prenantes.

S’il est bien connu que l’Afrique abrite la moitié des terres arables disponibles dans le monde, l’Afrique en tant que continent souffre encore de la faim de manière disproportionnée et de maladies liées à la faim telles que retard de croissance ou malnutrition.

En marge du 13ème Comprehensive Africa Agriculture Development Programme Partnership Platform (CAADP PP) à Kampala, Ouganda, l’agence du NEPAD a publié la première édition de sa Carte de la nutrition en Afrique. Cette carte est un outil qui indique les points chauds du continent en ce qui concerne la faim, la malnutrition et la sécurité alimentaire. La carte montre également l’augmentation de la prévalence, moins couverte, de maladies de pays riches sur le continent comme l’obésité et le diabète.

« La Carte de la nutrition du NEPAD offre un aperçu du contexte de la nutrition en Afrique à la fin 2016. Trop de personnes souffrent encore de la faim en Afrique. La faim dérive de la pauvreté, mais cette carte présente aussi les fenêtres d’opportunité pour les dirigeants africains afin qu’ils prennent conscience de l’immense potentiel agricole du continent pour assurer la production de nourriture », a déclaré Kefilwe Moalosi, Nutrition Programme Officer pour l’Agence du NEPAD.

L’Afrique importe encore 50 milliards de dollars de nourriture chaque année bien que l’agriculture et la chaine de valeur associée au secteur pourrait fournir à la fois des emplois à sa jeunesse et une sécurité alimentaire à ses citoyens. Le CAADP a été adopté par les dirigeants du continent en tant que cadre visant à relever ces défis, ainsi que d’autres, afin de mettre en place les réformes nécessaires et d’accélérer la révolution verte dont l’Afrique a besoin.

 

Les États africains face aux bouleversements climatiques

Si toutes les régions du monde sont concernées par le changement climatique, l’Afrique demeure le continent le plus exposé. Selon l’indice 2015 de vulnérabilité au changement climatique, sept des dix pays les plus menacés sont en Afrique.

Situation injuste et ironique, car le continent africain a joué un rôle minime dans le déclenchement de la crise climatique. Mais la réalité est là : le défi du changement climatique est beaucoup plus redoutable en Afrique qu’ailleurs, du fait de la fragilité de son système agro-alimentaire et de son modèle économique. Constat désolant, mais ce sont les populations les plus éloignées de la mondialisation, tant sur le plan de la responsabilité que de la simple géographie, qui en sont les premières victimes.

L’Afrique subit un réchauffement climatique 1,5 fois supérieur à la moyenne mondiale, avec des conséquences préoccupantes multiples. Son écosystème, déjà fragilisé, rend le continent africain peu résilient aux éventuels chocs climatiques, alors que la fréquence, l’intensité et la durée des phénomènes extrêmes  – sècheresse, inondations et autres – sont accentuées.

Ces bouleversements sont une menace directe pour l’agriculture et l’élevage, des secteurs clés pour l’économie et la sécurité alimentaire. A terme, des millions de personnes pourraient perdre leurs moyens de subsistance.

L’urgence de relever les défis posés par le changement climatique impose une double démarche : atténuer les causes et s’adapter aux conséquences.

Il est difficile pour les pays africains de réduire leurs émissions ; celles produites par les rares industries du continent sont négligeables par rapport à celles des grands pollueurs de la planète. Le continent africain dans son ensemble contribue pour 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, contre 24% pour la Chine et 13%  pour les États-Unis. L’adaptation est une priorité absolue, mais elle a un coût. De 7 à 15 milliards de dollars par an aujourd’hui, il s’élèvera à 35 milliards d’ici 2040. La communauté internationale est-elle prête à accroitre son appui financier pour soutenir l’Afrique ? Le risque est que le continent se retrouve à la case départ… devant affronter les effets dévastateurs, dans tous les sens du terme, du changement climatique.

Il y a eu certes de part et d’autres de la planète, quelques initiatives de philanthropes pour venir en aide au peuple africain, mais les financements consentis s’avèrent nettement insuffisants.

L’Afrique est donc livrée à elle-même, et n’a d’autre choix que de s’adapter. Ce qui pourrait, paradoxalement, s’avérer une opportunité. Les pays africains doivent se regrouper et s’enrichir mutuellement de leurs expériences afin d’adopter de nouvelles approches et développer de nouvelles stratégies, plus efficaces.

Le continent est appelé à revoir son modèle de développement. Il doit planifier et mettre en application des mesures concrètes d’adaptation, renforcer sa résilience,  revoir son système alimentaire, adopter des économies vertes résistantes au changement du climat,  améliorer la veille climatologique et météorologique… C’est aussi une opportunité pour les acteurs politiques et économiques africains de s’unir et d’adopter une position commune dans les négociations internationales en vue d’obtenir un soutien technique et financier adéquat.

Révéler le potentiel du secteur privé – l’économie informelle nous montre la voie

Partout en Afrique, que ce soit dans les quartiers ou dans les familles, vous trouverez un entrepreneur au sens des affaires aiguisé cherchant à se procurer des fonds auprès d’une tontine. L’Afrique compte plus de 50 millions de petites et moyennes entreprises contribuant pour près de 33% au PIB du continent .

Aujourd’hui, le secteur informel en Afrique n’est pas seulement un label, c’est un mode de vie bien ancré, une tradition. D’ailleurs beaucoup des grandes entreprises africaines ont fait leurs premiers pas dans ce secteur. Le NEPAD cherche à répondre aux attentes des citoyens dans tous les domaines du service public. L’une de nos priorités est de nourrir le dialogue entre les secteurs public et privé dans l’optique de lever les obstacles de l’entrepreneuriat et favoriser le plus grand impact possible sur le terrain.

Bien que peu d’attention ait été donnée dans le passé au rôle du secteur informel pour la croissance, rappelons que l’économie informelle en Afrique est une entreprise immense et donc un employeur très important. Elle va continuer de jouer un rôle de premier plan pour le développement de l’Afrique. Le secteur représente environ trois quart de l’emploi non agricole à travers le continent et 72% de l’emploi total en Afrique subsaharienne .

Voici donc quelques tendances dont nous devons tenir compte afin de trouver les moyens de révéler le plein potentiel du secteur informel :

  • Dans la plupart des économies africaines, le secteur informel offre des opportunités aux populations les plus vulnérables comme les plus démunis, les femmes et les jeunes ;
  • Entrer dans le secteur informel pour les personnes à niveau d’éducation élevé est un choix de carrière ;
  • Un regard approfondi sur le secteur informel en Afrique offre un bon aperçu de ce que nous pourrions atteindre si les politiques économiques et financières en Afrique étaient connectées aux réalités du continent.
  • L’économie informelle repose souvent sur les communautés dans un esprit d’entreprise sociale, puisant dans le mode collectiviste autochtone.

Cependant, bien que le secteur informel représente pour beaucoup une opportunité de générer un revenu raisonnable, il a tendance à rimer encore trop souvent avec précarité, n’offrant ni revenu stable, ni bénéfices de l’emploi ni protection sociale. C’est la raison pour laquelle la voie à suivre réside dans l’organisation du secteur informel et la reconnaissance de son rôle pour le développement économique, en attirant l’attention des gouvernements, en permettant un meilleur accès aux financements et en facilitant l’échange d’informations sur le secteur.

Qui dit formalisation dit aussi risques de taxes. Les gouvernements ont un rôle à jouer afin de mettre fin à cette crainte. Dans le contexte actuel qui est celui d’une meilleure communication mobile et d’un accès à des smartphones à bas coûts, nous devons encourager les travailleurs du secteur informel à embrasser les technologies modernes, l’internet et les médias sociaux. Par exemple, les TIC et Fintech offrent des solutions administratives innovantes et peuvent ouvrir des assurances à nos entrepreneurs. L’accès aux services financiers permet de gagner et d’épargner plus, de construire des actifs et de se protéger contre les chocs externes. Mais l’inclusion financière a également besoin d’être appuyée par l’éducation, le développement des compétences et la formation (y compris les connaissances financières) dans des secteurs clés comme l’agriculture, la production alimentaire et l’industrie rurale. Enfin, ne négligeons pas le rôle des plateformes virtuelles qui ont le potentiel de donner au secteur informel une meilleure visibilité, une voix et une forme de représentation nouvelle.

Le secteur informel est devenu un moteur important de l’opportunité économique et de l’innovation. Le NEPAD reste déterminé à améliorer les efforts et conditions de transition vers une économie formelle afin de maximiser son impact pour le bénéfice de tous les acteurs.

 

Le NEPAD pourrait devenir le PNUD africain

Avant l’ouverture du 28e sommet de l’Union Africaine à Addis-Abeba, j’ai eu le plaisir d’être interviewé par deux journalistes de Jeune Afrique sur les perspectives d’évolution du NEPAD et les défis liés à son financement.

J’ai eu l’occasion d’évoquer ainsi plusieurs points stratégiques pour le futur du NEPAD. Je crois en effet que l’institution a le potentiel de devenir une véritable agence de développement africaine !

Je vous invite à retrouver mon interview ici. 

En hommage au président Macky Sall

Lorsqu’il a été élu pour son premier mandat à la tête du Comité d’orientation du NEPAD en 2013, le président Macky Sall a d’abord dû relever le défi de combler le vide laissé par Meles Zenawi. Artisan de l’une des plus grandes réussites économiques du continent à la tête de l’Éthiopie, l’ancien Premier ministre éthiopien avait également pris très au sérieux ses responsabilités à la tête du Comité d’orientation du NEPAD. Avant sa mort il avait donné son visage au NEPAD tel que nous le connaissons aujourd’hui : une Agence en ordre de marche, intégrée à l’Union Africaine et dotée d’un mandat précis, axé sur la mise en œuvre de projets régionaux.

Très rapidement, le président Macky Sall, avec un pragmatisme remarquable, a identifié les principaux enjeux du développement futur de l’Agence et a choisi de prioriser les infrastructures. Il a décidé d’appuyer tout particulièrement les projets portés par le PIDA (Programme de Développement des Infrastructures en Afrique), notamment les corridors de développement, s’inscrivant ainsi pleinement en phase avec l’un des quatre objectifs essentiels du NEPAD, à savoir l’intégration panafricaine.

C’est dans cet état d’esprit qu’il a décidé d’organiser le Sommet de Dakar pour le financement des infrastructures, en juin 2014. Ce Sommet a été un tournant décisif dans la mise en œuvre du PIDA, notamment grâce à l’adoption de l’Agenda de Dakar pour l’Action (ADA). L’ADA définit, sur la base d’un diagnostic de la situation des infrastructures en Afrique, les actions concrètes à mettre en œuvre pour le financement des 16 mégaprojets retenus sur le continent en s’appuyant essentiellement sur les partenariats public-privé.

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Dans ce sillage, d’autres avancées ont été réalisées. Il s’agit, entre autres, de l’adoption, en janvier 2015, du Mécanisme de Prestation de Services du PIDA (SDM) qui a pour objectif de fournir aux pays et institutions à l’origine des projets PIDA l’assistance technique nécessaire à la préparation des projets d’infrastructure dans leur phase préliminaire.

À cela s’est ajouté le lancement, en juin 2015, du Réseau continental des Affaires (CBN), composé notamment des représentants du secteur privé et de la finance, africains et internationaux, ainsi que des organisations régionales et internationales. Ce Réseau vise à faciliter la mobilisation des financements et la mise en œuvre des 16 projets prioritaires retenus par une préparation appropriée et des actions de développement des capacités.

Déjà, on mesure des avancées notables sur des projets aussi variés que l’Initiative régionale de fibre optique reliant les cinq capitales des États membres de la Communauté d’Afrique de l’Est, la construction des chaînons manquants de la route transsaharienne, la dorsale transsaharienne de fibre optique, le barrage hydroélectrique de Sambagalou en Guinée et l’interconnexion des lignes électriques de transport avec le barrage de Kaleta, la ligne ferroviaire Dakar-Bamako ou encore l’autoroute et les ouvrages de transport sur le corridor Dakar-Abidjan-Lagos…

Les avancées permises par cet engagement sans faille du président Macky Sall ont eu pour autre conséquence essentielle de mettre en cohérence les priorités définies par l’Afrique pour elle-même et les priorités mises en avant par les partenaires internationaux de son développement. Cette cohérence s’est affirmée avec la présence de l’Afrique au G20 à Saint Petersburg qui a permis de faire valoir les priorités de l’Union africaine.

Depuis, le G20 a fait du développement des infrastructures en Afrique une des priorités de l’action de ses membres. Ceci se vérifie avec le prochain G20 qui se tiendra début 2017 en Allemagne avec la promesse de la chancelière Angela Merkel de faire de l’Afrique une des priorités de la présidence allemande du G20.

Le leadership du président Macky Sall a été fondamental pour permettre ces avancées.

La semaine PIDA à Abidjan : pour développer notre continent, unissons nos forces et aidons la jeunesse !

Cette semaine à Abidjan s’est tenue la semaine PIDA (Programme de Développement des Infrastructures en Afrique). Cette initiative avait été lancée par la Banque Africaine de Développement, en partenariat avec la Commission de l’Union Africaine et le NEPAD. Elle est multisectorielle et multi acteurs et vise à combler le déficit d’infrastructures en matière de transport, d’énergie, de ressources en eau transnationales et de TIC, afin de faciliter l’intégration économique régionale de l’Afrique.

En effet, c’est un vaste chantier que celui des infrastructures, raison pour laquelle nous devons cesser de théoriser et parvenir à avancer concrètement ! Si des progrès spectaculaires ont été réalisés (je pense par exemple au projet d’interconnexion électrique entre la Côte d’Ivoire, le Liberia, la Sierra Leone et la Guinée), il n’en reste pas moins qu’aujourd’hui, j’en suis convaincu, des changements sont nécessaires afin de nous permettre à tous d’avancer mieux. Tout d’abord, nous devons parvenir à faire collaborer davantage les institutions, les politiques et les entreprises, en créant un dialogue productif au service de tous. Ceci permettrait selon moi de recueillir le feedback de toutes les parties prenantes et d’être ainsi beaucoup plus efficace dans l’identification et la réalisation des projets. Il faut absolument collaborer pour faire avancer l’Afrique et cesser de se défier du secteur privé ! C’est aussi grâce à lui que nous parviendrons à faire bouger les choses !

Certes, il est nécessaire d’impulser les projets : c’est le rôle de la BAD (acteur clé s’il en est) et d’autres institutions comme le NEPAD. Leur mission est de faire en sorte de désamorcer les risques liés aux infrastructures et aux projets PIDA pour solliciter l’intérêt des investisseurs du secteur privé ainsi que des investisseurs nationaux et internationaux. Là est tout l’enjeu ! Il est indispensable que le secteur privé s’implique davantage : par exemple, sur les projections de 90mds USD de ressources nécessaires à la mise en œuvre du PIDA, la moitié fait l’objet de financement publics. Le rôle du secteur privé est donc fondamental pour financer la seconde moitié…et nous devons les y inciter ! Au travers du PIDA, c’est ce que nous avons mis en place : notre but est de mettre en place des projets les plus « bankable » possible afin d’attirer le secteur privé. C’est la première variable et le nerf de la guerre : Si nous ne parvenons pas à intéresser les investisseurs, nos efforts seront vains !

Deuxièmement, et c’est le thème affiché de cette semaine PIDA (« Création d’emplois à travers le développement des infrastructures régionales »), il faut penser à la création d’emplois. En effet, on ne peut cantonner notre réflexion sur les infrastructures au fait de construire tel ou tel pont pour aller d’un point à un autre (aussi utile que cela soit !). Il faut que notre vision soit englobante : n’est ce pas le but du PIDA d’être multisectoriel ? L’Afrique a besoin de mobiliser des ressources humaines essentielles, les jeunes, qui doivent être préparés afin de, eux aussi, s’impliquer dans le développement du continent. Cette semaine, à Abidjan, j’ai eu l’honneur d’échanger pendant plus d’une heure avec des jeunes bloggeurs et chefs d’entreprise : c’est ce type d’échanges que nous devrions poursuivre afin de faire naître l’Afrique que nous voulons ! Impliquons les jeunes et créons leur des conditions pour façonner notre continent pour demain ! Je crois que cela est possible à travers le développement des infrastructures. Le PIDA doit jouer un rôle important pour réduire l’écart entre la création d’emplois et le chômage ! Il faut donc que les décideurs du secteur public et ceux du secteur privé entreprennent la formation et l’acquisition de compétences dans le développement des infrastructures.

Aujourd’hui, nous avons mis de l’ordre dans notre maison et l’Union Africaine nous guide dans cette perspective. Tous, nous devons être vigilants lorsque nous nous rencontrons afin de parler de résultats et d’impacts plutôt que de reformuler les mêmes théories sur le développement encore et encore. C’est cette dynamique qui est imprimée par le président de la BAD. Grâce à tous nos efforts, nous pourrons faire du PIDA un succès sans précédent !

Forum de la CEDEAO sur l’éducation à la culture de la paix

Aujourd’hui, je suis key note speaker à Niamey lors d’une conférence organisée par la CEDEAO et l’Etat du Niger sur le thème : Paix et dialogue inter religieux.

La CEDEAO a été créée en 1975 pour promouvoir l’intégration socio-économique des Etats par la libre circulation des biens et des personnes. Elle regroupe le Bénin, le Burkina Faso, le Cap-Vert, la Côte d’Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Liberia, le Mali, le Niger, le Nigeria, le Sénégal, la Sierra Leone et le Togo.

Cet espace connaît aujourd’hui certaines tensions politiques, sociales, ethniques et religieuses, ralentissant son élan. Ce forum permettra donc de mettre en lumière certaines solutions qui peuvent être apportées non seulement par les Etats, mais aussi par des institutions régionales. Je ne manquerai pas de vous faire part ici même des conclusions de ce Forum sur l’éducation à la culture de la paix via le dialogue religieux.