Manifeste pour 2017

Chers amis, je tenais à vous présenter dès aujourd’hui mes meilleurs vœux pour 2017. Que cette année soit riche et prometteuse et voit la réussite de tous vos projets.

C’est une année charnière pour notre continent : en effet, elle sera marquée par le changement de leadership à la tête de l’Union africaine. Les chefs d’Etat et de Gouvernement africains auront ainsi pour mission de choisir un nouveau Président ou une nouvelle Présidente pour la Commission de l’Union africaine lors du 28e sommet à Addis-Abeba en janvier. Ce sommet fait suite à celui de Kigali qui a enregistré plusieurs succès, notamment du fait du lancement du passeport africain, des décisions prises sur le financement de l’Union africaine, ainsi que sur la Zone de libre-échange continentale. Le Président Paul Kagame a été à cette occasion désigné pour mener la réforme de l’Union africaine, réforme indispensable s’il en est, afin de mieux répondre aux aspirations des Africains et mettre en œuvre l’Agenda 2063 de manière efficace et pertinente.

À ce titre, je me réjouis profondément du fait que les échanges entre les différents prétendants aient été démocratiques et transparents : ce premier débat télévisé a selon moi renforcé encore plus la légitimité de l’Union africaine auprès des citoyens en leur permettant d’entendre les perspectives des différents candidats et de se faire une opinion. Cela va dans le sens de la bonne gouvernance, et nous ne pouvons que nous en réjouir.

Je tiens ici par ailleurs à remercier et à féliciter Mme Nkosazana Dlamini-Zuma pour son leadership et son volontarisme qui ont permis plusieurs évolutions très positives. Je pense en particulier à l’élargissement de l’Union africaine avec le retour du Maroc. C’est un événement d’une grande importance, d’une part parce qu’il permet de réintégrer un grand pays africain au sein des instances panafricaines, mais aussi parce que l’Afrique a besoin de l’apport de pays comme le Maroc pour soutenir les transitions démocratiques, faire la promotion des droits de l’Homme, et en particulier des droits de la femme sur le continent. Par ailleurs, l’apport du royaume chérifien à la concrétisation des objectifs fixés dans le cadre de l’Agenda 2063 sera indispensable. Soyons donc heureux de cette unité retrouvée et gageons qu’elle sera porteuse de nombreuses réussites !

Il faut en effet continuer et améliorer encore et toujours ce que nous avons commencé : je pense en particulier au Programme pour le Développement des Infrastructures en Afrique (PIDA), qui cible 16 projets transfrontaliers. Aujourd’hui, trois d’entre eux sont à un stade extrêmement avancé : les deux projets hydroélectriques en Afrique de l’Est et en Afrique de l’Ouest (respectivement Ruzizi III et le barrage de Sambangalou), ainsi que le projet de gazoduc entre le Nigeria et l’Algérie. Cela est très positif et représente un jalon important dans la réalisation des objectifs du NEPAD. C’est même toute sa raison d’être : le NEPAD est là pour orienter, viabiliser les projets et définir des règles qui apportent de la visibilité aux investisseurs. Il est une sorte de « guichet unique » du développement.

J’aimerais rappeler que le NEPAD est la première manifestation d’une volonté de la part des pays africains de reprendre la main sur leur destin et sur le développement du continent. C’est une initiative aux potentialités incroyables, raison pour laquelle il faut continuer à la pousser et à lui donner de l’ampleur, afin de ne plus laisser les idées nous être imposées de l’extérieur.

Voici donc ce que, pour conclure, je souhaite à notre continent pour 2017 : des objectifs toujours plus ambitieux pour notre avenir commun, un avenir qu’il nous appartient d’écrire, dans le respect de nos valeurs d’unité et de probité.

La mise en oeuvre collective des ODD peut lancer le début d’une nouvelle ère

2015 est en passe d’être retenue comme une année charnière pour les peuples et pour notre planète. Ce n’est pas pour rien que 2015 a été proclamée « année d’action mondiale » par les Nations unies, qui organise à New York du 25 au 27 septembre la plus grande réunion de leaders économiques et politiques de son histoire. Responsables politiques, leaders spirituels, décideurs du monde des affaires et haut représentants de la société civile se retrouvent autour de la table afin de consacrer 17 Objectifs de Développement Durable.

Le NEPAD entend jouer son rôle de porte parole pour l’Afrique. La lutte contre la pauvreté est au cœur des missions qui lui ont été confiées dès son origine. Lutter contre la pauvreté passe par une réduction des inégalités entre les peuples, les pays et les sexes. Cela passe aussi par l’agriculture, qui emploie en Afrique plus de 60% de la population. Cela implique d’orchestrer toutes les initiatives pour la construction des infrastructures qui feront sauter le verrou du décollage économique de l’Afrique.

Aujourd’hui la meilleure arme de l’Afrique pour lutter contre la pauvreté c’est la création des conditions d’une croissance soutenable et durable.

Nous avons longtemps défendu le dialogue entre toutes les composantes de nos sociétés pour atteindre cet objectif. En Afrique, à travers le Continental Business Network, une initiative qui rassemble leaders économiques et chefs d’État autour d’une même table pour discuter de façon concrète, nous allons accélérer la mise en œuvre de projets bancables.

C’est dans cet esprit de détermination et de progrès que je participerai avec enthousiasme et espoir au sommet qui débute ce vendredi à New York. Au moment où la gouvernance mondiale traverse une crise de confiance, la mise en œuvre concertée des ODD peut lancer le début d’une nouvelle ère, tout particulièrement pour notre continent