Capital humain : l’Afrique a encore beaucoup de progrès à faire

Le World Economic Forum a récemment publié un rapport sur une réalité souvent difficile à mesurer : celle de la valeur économique du capital humain. Dans ce rapport, intitulé « Rapport sur le Capital Humain Mondial – 2017 », l’organisation mesure les connaissances et les savoirs qui permettent aux êtres humains de contribuer à l’économie mondiale tout au long de leur vie. Chacun des 130 pays étudiés dans le monde est classé dans cet index qui montre malheureusement et sans doute possible, que l’Afrique est à la traine.

Comme souvent dans ces classements, les Etats Unis et l’Europe de l’Ouest sont au sommet, avec un taux de plus de 70% de développement de leur capital humain. De leur côté, les pays d’Afrique, comme ceux d’Asie du Sud-Est et du Moyen Orient, sont en dessous des 60%. En moyenne, l’Afrique subsaharienne obtient un score de 52,97%, et cette région se classe bonne dernière, selon le rapport. Pour autant, l’Afrique connait des disparités qui sont autant de sources d’inspiration : ainsi des pays comme le Rwanda (71), le Ghana (72), mais aussi le Cameroun (73) et Maurice (74) dépassent les 60%. Il n’y a donc pas de fatalité. Nous y reviendrons.

Le rapport du World Economic Forum explique qu’il a étudié 26 pays au sud du Sahara parmi lesquels il existe une grande disparité de richesse. Mais « malgré cette diversité régionale relativement élevée dans les niveaux de revenu, l’Afrique subsaharienne présente un certain nombre de modèles similaires dans tous les groupes d’âge et les aspects de son profil de potentiel de capital humain. En particulier, l’Afrique subsaharienne affiche un score élevé dans le sous-indice du déploiement, en raison de la forte participation de tous au marché du travail », précise l’organisation qui ajoute que dans cet index particulier, cinq pays africains sont dans le top 10.

Cependant, avec des scores inférieurs à la moyenne sur les critères de capacité et de savoir-faire, la région dans son ensemble aurait grandement avantage à développer une plus grande part de son capital humain au-delà des professions les moins qualifiées, notent les experts. Ceux-ci s’inquiètent également que les pays les plus dynamiques économiquement et/ou les plus peuplés restent au bas de l’échelle.

Ainsi, le Nigeria et l’Éthiopie sont tout en bas du classement, respectivement aux 114e et 127e rang. Rappelons toutefois pour modérer ce constat que ces deux pays sont aussi les plus peuplés d’Afrique. L’Afrique du Sud, considérée comme l’une des premières économies d’Afrique avec le Nigeria, est classé au 87e rang.

Mais le rapport ne présente pas que des mauvaises nouvelles. Les deux pays les mieux classés dans la région, le Rwanda et le Ghana, doivent leur performance comparativement élevée, respectivement, à des lacunes en matière d’éducation et d’emploi presque complètement éliminées et à l’amélioration considérable du niveau de scolarisation des jeunes générations du pays.

« À l’instar du Kenya (78), les deux pays bénéficient du stock de savoir-faire de la catégorie très importante des travailleurs moyennement qualifiés et d’une qualité des systèmes éducatifs relativement élevée », indique l’étude qui souligne que le niveau de formation continue des salariés permet de maintenir un niveau élevé de potentiels futur, et donc de développement du capital humain dans l’avenir.

« Cependant, ces trois pays ont encore une marge d’amélioration de leurs taux de scolarisation dans l’enseignement secondaire, et doivent s’assurer que ces progrès sont partagés le plus largement possible au sein leurs populations », estime le rapport. Une éducation secondaire de qualité est la clé de voûte de tout le système éducatif car elle corrige les déficiences du primaire et prépare adéquatement au tertiaire.

L’exemple de ces pays démontre s’il en était besoin, qu’il n’y a pas de fatalité, et que l’Afrique peut aussi, lorsqu’elle mène les bonnes politiques, connaître des réussites. Dans la compétition mondiale pour le capital humain, l’Afrique avec sa jeunesse en augmentation, a bien sûr une carte à jouer. Elle doit notamment s’assurer de la formation de ses jeunes dans les métiers qui manquent au continent : ingénieurs, financiers, économistes, miniers, notamment.

Il y a là des bassins d’emplois en développement, mais le manque de personnels qualifiés africains oblige les investisseurs à faire appel à des expatriés dans certains secteurs demandant des qualifications particulières. Là non plus, il n’y a pas de fatalité.

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